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Mentions des Jeux de cartes inscrites entre les années 999 et 1369
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ABC CARTOMANCIE • Cartes | Mentions 999 à 1369
Depuis l'Antiquité qu'on prépare le terrain pour les cartes...
Divers jeux déjà présents en Inde et en Chine - dont les dés, dominos et échecs - sont adaptés par les Perses pour distraire les rois et la noblesse du monde Occidental... mais ce noble divertissement est souvent interdit au bon peuple. Regardons de plus près la période de l'an 999 à l'an 1369... alors que des interdits commencent à être promulgués.
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Cartomancie & Cartes à Jouer (999-1369), en Occident

En cette époque secrète et mystérieuse, superstitions, magie, sorcellerie, religion et philosophie ont contribué chacun à leur façon, à l'invention et à l'adoption des cartes à jouer comme moyen privilégié d'interroger le sort, et ainsi s'enquérir de la volonté des dieux. Et en conséquence, rationalité et fiction s'entrechoquent.

Les cartes à jouer, la cartomancie, l'ouverture et la fermeture au monde

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Les cartes: prémices et balbutiements antérieurs au XIIIe siècle

L'époque Médiévale marque en Europe une période fort supersticieuse, où magie et réalité se confondaient. Tout malheur ou toute bonne fortune était conséquence de la bonne ou mauvaise humeur des dieux et démons, et de leurs émissaires. Le lait tournait? C'était assurément l'oeuvre d'une mauvaise sorcière. Les récoltes étaient bonnes et la prospérité régnait? C'est que les dieux étaient heureux des sacrifices qu'on leur avait offerts. Ou que les astres du ciel étaient favorables. Mais dans l'ombre, certains penseurs et philosophes continuaient à s'interroger sur le sens de la vie et sur la finalité du monde.

C'est ainsi qu'entre les années 383-405 à Rome (Italie), le Pape Damas commande une traduction de la Bible latine, écrite originellement en Hébreu, qui sera nommée “La Vulgate de Saint Jérôme” (traduction commune). Cette version allait devenir la norme de la Bible tout au long du Moyen Age; et reste à ce jour le texte officiel de l'écriture de l'Eglise catholique romaine. Par ailleurs, il s'avère que la Bible est une source essentielle pour l'étude du Tarot, dès son apparition: puisqu'une grande partie de la symbolique des Triomphes (arcanes majeurs) que les gens ont attribué à Joachim de Flore, Dante, Pétrarque, etc, découlent directement ou indirectement de la Bible. La version Douai-Reims a été la traduction officielle de l'église, en anglais, de la Vulgate.

À Rome vers l'an 403, le poète Aurelius Prudentius Clemens (espagnol), dit Prudence, écrit “ Psychomachie”: une oeuvre poétique au service de la religion chrétienne, qui met en scène la lutte entre les figures allégoriques des vices et des vertus. Ce thème, sans cesse varié et élaboré, est inclus dans les Triomphes (arcanes majeurs) du Tarot. Dans les premiers vers de la seconde partie, Prudence offre une suite de combats entre une vertu et un vice contraire. Par exemple, la Foi VS le Paganisme et l'Idolâtrie; la Chasteté VS la Luxure; la Patience VS la Colère; l'Humilité et l'Espérance VS l'Orgueil et la Tromperie; la Tempérance VS la Débauche; la Raison et la Charité VS l'Avarice; l'Unité et la Foi VS la Discorde nommée Hérésie; etc.

Puis vers l'an 524 à Pavia (Italie), Anicius Manlius Torquatus Severinus Boetius (Boèce, Séverin Boèce), écrivain et philosophe, alors enfermé dans une prison, est en attente d'exécution pour une prétendue traitrise faite par devers le Roi Théodoric le Grand. Il rédige “Consolation de la philosophie”: une oeuvre en 5 volumes qui traite de Dieu, du bonheur, de la providence, du déterminisme, de la vertu, de la justice, de la liberté. Cet ouvrage a dominé la vie intellectuelle du Moyen Age et du début de la Renaissance; ses textes ayant été cités à plusieurs reprises par Alfred le Grand, Chaucer et Elizabeth I. Cette oeuvre fut aussi à l'origine de l'adoption par les Chrétiens de la figure Roue de Fortune, dans les Tarots. (Voir édition illustrée en français, en ligne)

Vers l'an 965, Mgr Wibold, Évêque de Cambrai (nord de la France), invente le premier traité en français sur la rithmomachie. En fait, il recommande l'utilisation d'un jeu de dés comme exercice spirituel; une sorte de loterie instructive et édifiante à l'intention des clercs, auxquels les jeux de hasard étaient strictement interdits. Ce jeu, nommé “LUDUS REGULARIS SEU CLERICALIS”, est associé aux cinquante-six vertus cléricales et aux vingt-et-une “unions de vertus”, avec les 56 résultats possibles obtenus avec trois dés. à la fin du jeu, les joueurs devaient incarner les vertus tirées au sort, pour le reste de la journée. Par exemple: charité, foi, espérance, justice, prudence, tempérance, courage, paix, chasteté, pitié, obéissance, crainte, perspective, discrétion, bonté, persévérance, modestie, patience, miséricorde, bienveillance, sagesse, compassion, etc. Ce jeu mérite une grande attention, puisque la procédure anticipe celle décrite dans le "Livre des passe-temps de la Fortune des dez" de Laurent L'Esprit, écrit en 1559. C'est aussi un exemple ancien de jeux de paris avec trois dés, où l'on notera qu'il utilise une structure numérique - 21 et 56 - qui sera présente, plus tard, dans les tarots.

D'ailleurs, l'experte en Tarots Gertrude Moakley souligne que le jeu Wibold est en relation avec le nombre de cartes qu'on retrouve dans un jeu de Tarot. « Pourquoi y at-il cinquante-six cartes de suites, et pourquoi y a-t-il vingt-et-un atouts? La réponse survient quand on se rappelle que les cartes, comme un jeu de hasard, ont remplacé presque complètement les dés. Dans les jeux de dés qui utilisent trois dés, on a cinquante-six combinaisons possibles; et avec deux dés, vingt-et-une combinaisons. »

Les cartes à jouer (1054-1369) — Mentions, ordonnances et interdictions

Alors côté occidental, c'est en l'an 1054 qu'on peut retracer ce qui semble peut-être la première mention des cartes à jouer en Europe. Ainsi en Italie, on trouve une phrase qui pourrait contenir une allusion aux cartes à jouer, écrite par Papias le Lombard, lexicographe grec et auteur d'un dictionnaire — Elementarium doctrinae erudimentum (vocabularium) —, qui utilise cette expression: « mappa etiam dicitur vel forma ludorum ». Citons Gabriel Peignot: « Mais en descendant beaucoup plus bas, nous trouvons que Papia ou Papias le Lombard, grammairien grec, qui florissait vers 1054, et que l'on regarde comme auteur du premier dictionnaire, se sert de cette expression: “Mappa etiam dicitur vel forma ludorum”. M. Éloi Johanneau, dans ses Mélanges d'origines étymologiques et de questions grammaticales, applique ce passage aux cartes à jouer; et il se pourraît très-bien que cette conjecture ne fût pas sans fondement. »

* NOTE — Voici la citation de M. Éloi Johanneau: « MAPPA, dit Papias, togilla (c'est-à-dire “touaille”, nappe): Mapa etiam dicitur PICTURA VEL FORMA LUDORUM, undè dicitur MAPA MUNDI. Un vieux glossaire latino-français de la Bibliothèque de Saint-Germain-des-Prés, cité par Ducange, reproduit et explique ainsi ce passage précieux, en le traduisant: MAPA MUNDI, mapemonde; et dicitur A MAPA, nappe en peinture ou en forme de jeus. »

Malgré ceci, il se peut que le plus ancien témoignage avéré de l'existence des cartes sur le continent européen soit un document datant de l'an 1227 en Italie; où l'on fait référence à “LAS CARTICELLAS”. Dans son ouvrage « El Gran Libro del Tarot », l'auteur — Emilio Salas, Barcelone (2009), Ed. Robinbook, p. 14 — apporte cette information, citée textuellement du livre: « La primera referencia escrita que se refiere al Tarot con toda seguridad se remonta a 1227 y nos dice que “los niños italianos son instruidos en el conocimiento de las virtudes mediante unas láminas que denominan carticellas”. ». Donc, si l'on traduit, on apprend que la première mention écrite qui se réfère au Tarot avec certitude remonte à l'année 1227, affirmant que “les enfants italiens sont instruits dans la connaissance des vertus au moyen de lames appelées carticellas.”. Et que la description de ces carticellas nous rappelle immédiatement le jeu de Tarot de Mantegna ou des Cartes de Baldini... qui ne sont pourtant enregistrées à Ferrare que dans la seconde moitié du XVe siècle seulement.

Il est important de mentionner également la probable existence d'un manuscrit italien écrit à Sienne et datant du XIIIième siècle; soit un manuscrit de Pipozzo di Sandro daté de l'an 1299 et titré « Trattato del governo delta famiglia di Pipozzo di Sandro ». Ce document est cité par Tiraboschi, dans son ouvrage « Histoire de la littérature italienne » (Storia della Letteratura Italiana, tome VI, partie II, page 402). On peut y lire: « Se guicherà di danari o cosi o aile carte, gli apparuchierai la via. » — Ce qui donne, traduit en français: « S'il joue de l'argent ainsi ou aux cartes, tu lui en faciliteras les moyens ». À noter... le mot “carte” — non pas naypes ou naïbbes — figure déjà dans la langue.

* NOTE — Etymologiquement parlant, le mot « carte » vient du latin “charta” pour dire “papier sur lequel on écrit” ou “feuille de papyrus préparée pour recevoir l'écriture”; ainsi que du grec “khartès” pour désigner “feuille de papyrus” qui signifie “feuilles de papier”. Puis du latin LUDUS Carticellarum, ou cartes à jouer. Il fut un temps d'ailleurs, où les cartes étaient appelées “feuillets”, “pages” ou tout simplement “papier à jouer”.

Puis du côté de la Suisse, suivant l'attitude de la société médiévale face au jeu (les jeux étant considérés comme une activité suspecte et répréhensible, incitant à la paresse), on légifère aussi et de nombreux décrets et mandats sur les mœurs sont édictés par les cantons confédérés. En 1290 à Rheinfelden, sans encore parler des cartes, on interdit les jeux de hasard et d'argent. Zurich fit de même en 1304, 1320 et 1326.

On note également l'apparition d'un jeu de cartes représentant des personnages de la Cour et des scènes de chasse, en Allemagne, dès 1325. Mais ceci étant dit, l'on croit qu'en réalité les cartes y sont arrivées entre 1310 et 1312, soit après la campagne de l'empereur Henri VII en Italie; puisqu'on relate que les soldats impériaux jouaient au “jeu du Landsknecht” (jeu du lansquenet). Puis en 1329, l'évêque de Wurtzbourg (Allemagne) signe une ordonnance qui condamne les cartes de divertissement.

Côté espagnol, c'est en l'an 1332 que Alphonse XI, Roi de Castille, institue l'Ordre de la Bande. L'évêque et prédicateur de Charles-Quint, Dorn Antoine de Guévare, publie dans ses épîtres la copie des statuts de cet Ordre. Traduit en français, on y lit ce passage: « Comandoit leur ordre que nul des chevaliers de la Bande n'osast jouer aux cartes ou dez. » On parle aussi de la présence d'un jeu de cartes en Espagne en 1330.

Puis vient en 1337, à l'Abbaye de Saint-Victor de Marseille, la plus ancienne référence française à propos des jeux de cartes. Selon une information recueillie par le site Trionfi, l'éditeur R.M du livre “La carte à jouer en Languedoc des origines à 1800” (Toulouse, 1971), p. 7, en citant J. Amades and J. Colomines, “Els Soldats i altres Papers de Rengles” (Barcelona, 1933-1936) vol. II p. 7, l'on retrouve une information intéressante dans le paragraphe d'introduction. Dans son "Glossarium medias et infimae latinitatis" sv “PAGINA” (2) de l'édition 1678 et éditions ultérieures, le lexicographe Du Cange (Sieur Charles Du Fresne Du Cange) est la source de cette entrée: où il relate quelques-unes des interdictions faites aux moines.

« Après Barcelone, où à partir de 1310 les jeux de cartes (naips) sont interdits par le “Consell des Cent” (Amades II, p. 7), c'est à Marseille que l'on trouve la plus ancienne mention, dans les statuts de l'Abbaye de Saint Victor, qui en 1337 interdit ceci aux moines: “quod nulla persona audeat nec praesumat ludere ad taxillos nec ad paginas” [D'Allemagne I pp. 16-17].(1) Le 30 août 1381, Jean-Jacques, fils d'un marchand de Marseille, sur le point de s'embarquer pour Alexandrie, promet de s'abstenir des jeux de hasard (3) parmi lesquels sont cités les cartes: nahipi. (“La carte à jouer en languedoc des origines à 1800” (Toulouse, 1974) p. 7) ». Après discussion, Du Cange et d'Allemagne ont tous deux considéré que la meilleure explication pour le mot “pagina” est que « ludus ad paginas » signifie “cartes à jouer”.

Les cartes à jouer étaient connues et utilisées en Bohême en 1340, selon Trionfi, qui cite un un livre allemand (Versuch einer Geschichte des böhmischen Handels). Il a écrit sur le thème du commerce au début de la Bohême, et il présente son sujet avec diverses preuves documentaires. Il parle aussi de l'utilisation des cartes à jouer par les nobles Polonais en Pologne, pour la même période.

La Peste Noire, sévissant en Europe entre 1346 et 1349, incarne le « Mal » qui vient d'ailleurs


Danse macabre
Danse de la Mort — Europe, XIVe s.

Ouvrons maintenant une parenthèse sur les années 1346-1348 et suivantes, pour l'Europe en particulier; puisqu'un contexte historique apocalyptique s'avère être d'une extrême importance quant à l'introduction de la carte à jouer sur ce continent. Ainsi, en 1346 et partant de la région du Cattay (ancien nom de la partie septentrionale de la Chine), survient une contagion de peste noire qui atteint bientôt le statut d'épidémie. Elle se propage par l'entremise de divers pays — Inde, Thibet, Indostan, Perse, Turquie d'Asie, Arabie, Égypte, Afrique du Nord —; en 1347, l'épidémie de peste noire atteint la Turquie d'Europe, gagant ensuite la Sicile, l'Italie, la Catalogne, l'Espagne, l'Angleterre, l'Écosse, l'Irlande, la Flandre, l'Allemagne, la Suisse, la Hongrie, le Danemark; puis désola la France en 1348 et 1349. Cette catastrophe fit périr le cinquième de l'espèce humaine.

Cette période de peste noire fut suivie de famine — laboureurs et moissonneurs ne pouvant plus cultiver les terres —, la société devint anarchique, les lois perdirent de leur force, les gens de tous âges et de tous rangs s'abandonnèrent à toutes sortes d'excès. La consternation était complète... mais préparait le terrain pour les suites à venir. Car des siècles durant, la mémoire collective se souviendrait que le “Mal” venait d'ailleurs, des civilisations “paiennes” et “impies” de par qui le malheur arrive; et ce qui permettrait plus tard aux pouvoirs en place de relier cette dévastation à d'autres “futilités”... les jeux et les jeux de cartes, surtout.

Puis pour la France en 1351, une erreur diffusée doit être corrigée.

Ainsi, plusieurs auteurs mentionnent la présence des jeux de cartes dans un prétendu manuscrit de Lancelot daté de l'année 1351; document retrouvé par M. Van Praett, conservateur de la Bibliothèque du Roi. En y prêtant foi, on eût pu croire que les cartes étaient connues en France depuis 1341 ou avant, ce qui est inexact. La mention est tirée d'un poème écrit dans “Renard-Le-Contrefait”, une chronique de Petit Jean de Saintré, sous le règne de Charles V, écrite dit-on pendant 23 ans (de 1328 à 1351). Il y est écrit:
“Si comme fol et folles sont, Qui pour gaigner au bordel vont, Jouant au dez, ((aux cartes)) aux tables, Qu'à Dieu ne sont délectables.” Toutefois, il s'avère qu'on avait ajouté “aux cartes” en recopiant le document original. En réalité, ce texte a été écrit par Antoine de Lassale, en 1459. à preuve, le manuscrit original, plus ancien de près d'un siècle — folio n° 7630-4 plutôt que folio n° 6985-3 —, et qui se lit comme suit:
“Si comme fols et foles sont, Qui pour gaigner, au bordel sont, Jouent à des geux de dez ou de tables, Qui à Dieu ne sont delelitables.”

Et c'est à Prague en 1354 que l'on retrouve la plus ancienne mention d'un cartier. On parle d'un peintre de cartes nommé Jonathan Kraysel de Nuremberg, qui travaille à Prague.

Puis encore à Berne (Suisse) en l'an 1367, on trouve dans le règlement bernois une mention interdisant les jeux et les paris. Pour illustrer l'ambiance de l'époque, notons qu'à Zurich en 1370, l'on prohiba la danse lors des mariages; celle-ci n'étant maintenant autorisée qu'au Nouvel An, pendant le carnaval, lors des fêtes patronales et les jours de marché.

On jette encore un oeil sur la France où une rumeur persistante raconte que les soldats de Duguesclin, venus prêter main forte à Henri de Trastamare (couronné Henri II de Castille le 5 avril 1366) lors d'une campagne militaire en Espagne entamée en 1366, ont été les agents de l'introduction des cartes d'Espagne en France. Revenu en France en octobre 1370, le breton Bertrand Du Guesclin — Chevalier, Connétable de France et Commandant des armées sous Charles V — et sa troupe de soldats, introduisent le jeu de Naibi en sol français.

Jeux
Jeu de soûle médiéval (ancêtre du rugby ou football)

Cependant, l'engouement de la population pour les jeux de hasard, les paris et les cartes en vient à inquiéter tant les monarques que le clergé, qui perdent leur ascendant tant sur leurs ouailles que sur ce nouveau jeu (les cartes) “réservé aux nobles”. Des émanations de soufre semblent s'échapper de l'enfer et la crainte de la damnation plane...

En fait foi l'ordonnance du Roi Charles V de France, en l'an 1369 qui interdit les jeux de hasard et les jeux d'adresse — mais sans mentionner les jeux de cartes —. L'édit stipule qu'il prohibe les jeux de dés, de table (échecs, dames ou trictrac), de palme (de paume - genre de tennis), de quilles, de palets, de soule (soûle, choule ou cholle, ancêtre médiéval du rugby ou football) et de bailles (jeu de billes ou billard). Référence: « tous geux de dez, de tables, de palmes, de Quilles, de Palet, de Soûles, de Bailles; et tous autres tels geux qui ne cheént point a exercer, ne habiliter nos diz subgez a fait & usage d'armé, a la defence de notre dit Royaume, sur peine de quarante sols parisiis. » — Ordonnances des Roys de France, t. v. p. 172.


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