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D'Orient en Occident, l'épopée des Cartes à Jouer au Moyen-Age
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ABC CARTOMANCIE • Le long périple des Cartes à Jouer
L'introduction des Cartes à Jouer en Europe: un long chemin...
L'arrivée des jeux de cartes dans l'Europe médiévale est le fruit d'un long parcours, où se matérialise au carrefour, la rencontre des peuples de l'Orient et de l'Occident. En fait, les jeux de cartes Orientaux, qu'on nomme naïbes, arrivent en Terre d'Occident au Moyen-Age... par les Sarrasins.
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Le jeu « King and Queen », Robin des Bois, Lady Mariane

Tel que cité dans un docu­ment relatif au council of Worcester (1240), des expli­cations s'imposent quant au jeu King and Queen men­tion­né dans l'ordonnance. Voici donc quelques infos supplémentaires...

Dans le contexte du con­ci­le, le jeu King and Queen réfère à deux amusements. Le premier, consiste à élire un Roi et une Reine à la Fête des Rois, douze jours après la Fête de Noël (Épi­phanie), grâce à une fève insérée dans une pâtisserie; de même qu'aux festivités qui accompagnent l'événe­ment. Mais un autre contex­te a aussi cours à cette époque en Angleterre...

En fait Robin des Bois (Robin Hood) et Lady Mariane sont aussi appelés Roi et Reine de Mai par les gens, auprès de qui ils sont fort popu­lai­res; ils sont alors souvent visés par cette désignation.

Le jeu King a souvent été joué dans les Églises, alors que les marguillers perce­vaient de l'argent du public. Mais le 38e Canon du Con­cile de Worcester, qui s'est tenu en 1240, contient l'in­terdiction suivante: « Nous défendons aussi aux hommes du clergé à participer à des jeux peu recommandables ou à des soirées de danse, ou à jouer aux dés, ni qu'ils permettent des représenta­tions (spectacles, théâtre) du roi et de la reine qui seraient actés ou chantés, ni luttes pu­bliques. »

Le bon peuple avait-il fait chox de chanter les louan­ges du « Hors-La-Loi » Robin des Bois et de Lady Mariane plutôt que celles des Trois Rois Mages? Le Clergé frus­tré de ne plus être le pôle d'attraction? À n'en pas dou­ter d'où l'interdiction. On note: « The games of King and Queen were a kind of mumming exhibitions, which the clergy enjoyed as spec­ta­tors, not as perfor­mers. »

Source: L'extrait officiel — Council of Worcester (1240) — Notes & Queries (...) (1861)



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La diaspora Tsigane

Malgré le temps, l'on ne sait trop pourquoi le groupe ethnique des Tsiganes est un “peuple sans territoire”. Étant originaires de l'Inde, certains devinrent nomades vers l'an 400 avant J.-C. et d'aucuns auraient établi domicile dans la région du Penjab (aux frontières de l'Inde et du Pakistan) vers l'an 250 avant J.-C. mais en effectuant un premier exode vers l'an 850 (Grèce, Extrême-Orient) suite à la quasi extermination de la caste des Kshattriyas; puis un exode massif un peu avant l'an 1000 de notre ère vers l'Europe et l'Afrique du Nord, via le plateau iranien (ou plateau aryen) situé entre le Moyen-Orient et l'Asie centrale.



La petite Égypte

Vers l'an 1360, un fief gitan indépendant (le Feudum Acinganorum) s'est établi en Corfú (Grèce) et s'est cons­titué en une « communauté stable, et une part impor­tante et consolidée de l'é­conomie ». Vu que la région était occupée par les Rrom (Gitans, Tsiganes), celle-ci était appelée « La petite Égypte ». Les pèlerins tra­ver­sant cette région pour aller en Terre Sainte — dont à Saint-Jean-de-Compostelle — ont étendu de par toute l'Europe l'appellation de “egipcianos”, d'où les noms de egitanos, gitans, gitans, egypsies et gypsies.



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Le fameux concile de Worcester en Angleterre, en l'an 1240 - The council of Worcester, 1240
« de rege et regina »

En fouillant un peu l'Histoire pour retracer l'origine des cartes à jouer, plusieurs sources citent souvent une petite phrase pour tenter de « prouver » le fait que les jeux de cartes étaient présents en sol Britannique avant l'an 1240. Ça va comme suit: « The 38th canon of the council of Worcester (1240) is often quoted as evidence of cards having been known in England in the middle of the 13th century (...) ».

Et par manque de rigueur — j'ose croire qu'il ne s'agit pas de malhonnêteté intellec­tuelle —, plusieurs évitent de poursuivre la citation: « But the games « de rege et regina » (on the king and the queen) there mentioned were a kind of mumming ex­hi­bition (Strati says chess). No queen is found in the earliest european cards. »

Donc, nuance. Les jeux de cartes étaient connus en Angleterre au milieu du 13e siècle. Mais le jeu « de rege et regina » (de roi et reine) qui est mention­né lors du concile de Wor­cester en 1240 était une sorte d'expo­sition silen­cieu­se (Strati dit d'échecs). Il ne peut donc pas s'agir d'un jeu de cartes: car aucune Reine ne se trouve dans les premières cartes européennes.

Source: The Encyclopae­dia Britannica : a dictio­nary of arts (...), Vol. 5



Nos cartes à jouer contemporaines : un long périple

Suivant le récit historique relatif à la Chine, à l'Inde, aux peuples Maures et Mamelouks d'Égypte, poursuivons donc le périple jusqu'en Terre d'Occident: où les cartes à jouer sont introduites... par les Tsiganes, peut-être.

Les naïbes, jeux de cartes Orientaux, arrivent en Occident à l'époque Médiévale

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Il semble appuyé de façon documentée que l'introduction des jeux de cartes en Europe — jeux nommés naïbes (français) ou naibis (italien) ou naipes (espagnol) — s'est faite surtout par deux voies. D'une part via l'Italie, par voie de mer, grâce aux commerçants vénitiens et lombards; puis d'autre part via l'Espagne, pays alors occupé par les Maures, un peuple Sarrasin (arabo-berbère) provenant de l'Arabie saoudite.

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Le terme “nabi” signifie un “diseur de bonne aventure” et dès l'origine, les
cartes ont servi à cet usage. Source: Document par Constant Leber (1838)

En fait, certains historiens avancent que l'introduction des jeux de cartes en Europe serait liée pour une bonne part à l'invasion de l'Afrique du Nord, de l'Espagne et de la Sicile par les forces islamiques au cours du Sultanat Mamelouk d'Égypte qui a pris fin en 1517. Et selon leur point de vue, l'Espagne fut le point de contact avec le monde arabe.

L'introduction des cartes à jouer par les Bohémiens, ou Tsiganes..?

La contribution des Tsiganes fait aussi partie de certaines hypothèses que l'on ne peut passer sous silence; car on dit aussi que les cartes à jouer, en provenance de l'Inde, peuvent être arrivées en Europe par l'entremise des Bohémiens — Rroms, Romanis, Gitans, Tsiganes, Gypsies, Romanichels, etc —, réputés diseurs de Bonne Aventure. Plausible? Bien sûr!

À l'origine ces gens, venus du nord de l'Inde, nouveaux immigrants en Occident, sont des Kshattriyas — terme désignant un membre de la caste des Guerriers, l'une des quatre glorieuses castes hindoues: Kshattriyas, Brahmane, Vaisya et Sudra —. Les textes sacrés de l'Inde les glorifient, en disant notamment: « Les personnes gou­ver­nées par un aryen (Kshatriya) sont guidées par la grâce divine ».

On cite d'ailleurs la présence des Tsiganes hors de l'Inde, à Bagdad (Irak) en 442, alors que le Shah de Perse Bahram Gur persuade le roi Indien Shangul de lui envoyer 10,000 musiciens Luri, qu'il souhaite distribuer dans les différentes parties du royaume de Perse (un fait rapporté par le poète Perse Firdawsi); près de Thrace (péninsule balkanique partagée entre la Bulgarie, la Grèce et la Turquie) où il est dit que durant la famine du IXe siècle, Ste Athanasie de Constantinople donna à manger à des “étrangers appelés Atsingani” (Tsiganes) en l'an 800; à Khanaqin (Kurdistan du Sud, ancien territoire de la Perse ou Iran actuel) en 834.

Puis en Europe, leur présence est attestée dès le début du XIVe siècle. Selon le moine franciscain dénommé Simon Simeonis qui les a rencontrés sur l'île de Crète en 1322, on retrouve mention des Tsiganes alors qu'il parle de gens ressemblant aux “Atsingani”, en ces termes: « Nous y avons vu un peuple hors de la ville qui se déclare être de la race de Cham, et qui l'adorent selon le rite grec. Ils errent comme un peuple maudit de place en place, sans s'arrêter du tout ou rarement, ne restant à un endroit pas plus que 30 jours ». On mentionne aussi leur présence en 1346 à Corfou et en 1348 en Serbie. Puis en 1350 Ludolph de Sudheim parle d'un peuple semblable qui parle une langue unique qu'il appelle “Mandapolos”: un mot qui pourrait être tiré du mot grec “mantes”, signifiant prophète ou diseur de bonne aventure. On les mentionne encore en 1370 en Valachie et en Transylvanie, puis en 1378 à Zagreb (Croatie). Et en 1399 on les retrouve en Bohème — ce qui laisse croire qu'ils viennent de ce pays, d'où le nom de “Bohémiens” —, où ils reçoivent des lettres de protection du Roi Sigismond, “Roi de Hongrie, de Bohême, de Dalmatie et d'autres lieux”. Au XVième siècle ils arrivent en Allemagne, France, Italie, Espagne et Portugal; puis au XVIième siècle, en Russie, Danemark, Écosse et Suède.

Famille Gypsys
Famille de Gitans (1552)
© New World Encyclopedia

Toutefois, le peuple Tsigane était surtout un peuple de musiciens, chanteurs, danseurs, amuseurs publics, comédiens, magiciens. Et dans cette Europe où l'oisiveté et l'amusement étaient considérés comme vice par les autorités royales et ecclésiastiques, ils furent bientôt perçus comme inutiles et perturbateurs. D'autant plus que privés du droit d'exercer un métier, ils ont dû se résigner à ce que leurs femmes pratiquent l'art de dire la bonne aventure (lignes de la main, cartes, etc), ou des métiers de sage-femme ou de guérisseuses; et les hommes, à faire de petits larcins, ayant d'ailleurs été taxés dêtre des “voleurs de poules”. Et dès le XVIe siècle, s'ensuivirent donc diverses formes de répression: bannissement, interdiction de séjour ou de nomadiser ou de se déplacer en groupe de plus de 2 personnes, etc. On organise même des chasses aux Tsiganes, avec prime de capture. Puis on les sanctionne de coups de fouet, on les envoie aux galères, on les vend comme esclaves. Au XVIIIe siècle, il est même permis de les marquer au fer rouge, de les exécuter au fusil ou de les pendre. Plusieurs sont d'ailleurs brûlés vifs sur le bûcher, pour sorcellerie.
* Pour détails, voir Roms en Europe — Données socio-politiques.

Par ailleurs, il est documenté que les Kshatriyas — ces Tsiganes provenant de la glorieuse caste hindoue des guerriers — sont arrivés en Grèce au IXe siècle et ont été rejoints par les les Rajputs — “fils de prince”, caste des aristocrates — au XIIIe siècle. Le mot “Tsigane” est issu de la langue grecque “atsinganoi”, soit Athigani (prononcé Atsigani = tsigani = tsigane). On les nomme aussi Gitans (français), Gitanos (espagnol), Gypsys (anglais) ou Zott (arabe); faisant référence à une déformation du mot “Égyptiens”. Ce qui se tient, puisque au Moyen Âge le terme « Petite-Égypte » réfère à une région du sud du Péloponnèse (île de Pélops) en Grèce; région nommée “Petite Egypte” en référence à la Bible qui évoque le Nil ayant enrichi l'Égypte.

* NOTE — Soulignons qu'il existe des gravures qui remontent aux XIIIième et XIVième siècles, qui prouvent la présence de quartiers tsiganes directement en périphérie de cette ville — devenue depuis une petite ville forteresse — de la “Petite Egypte” qui n'appartient pas à l'Empire byzantin mais plutôt, à la république de Venise. Dès 1332, sous l'invitation de l'Impératrice Catherine de Valois-Courtenay, Princesse consort d'Achaïe ou de Morée, des Tsiganes viennent s'installer dans le Péloponèse. On le cite vers l'an 1360, soulignant que le fief Feudum Acinganorum (un fief gitan indépendant) établi en Corfú, est devenu une communauté stable et une bonne part de l'économie. Cette région occupée par ces communautés Rrom était appelée La Petite Egypte, et les pèlerins la traversaient pour aller en terre Sainte et à Saint-Jean-de-Compostelle. À l'époque, cette ville et sa périphérie étaient une étape clé pour les pèlerins qui se rendaient en Terre Sainte par la mer. Les Tsiganes ont donc été en contact direct avec cet univers des pèlerins; tout comme ils le furent tant avec les Grecs locaux, qu'avec les commerçants et marchands de Venise en Italie: qui sont installés à Modon depuis l'an 1125.

Les Tsiganes, réputés diseurs de bonne aventure depuis au moins l'an 1054

Notons aussi que le terme “Atsingani” — nommant les Tsiganes — a été utilisé pour désigner les diseurs de bonne aventure itinérants, ventriloques et magiciens qui ont visité l'empereur Constantin IX — Empereur byzantin (Empire romain d'Orient, Grèce actuelle et Turquie) — vers 1054. Puis Ludolph de Sudheim (Ludolph Schilder), curé de la paroisse de Sudheim en Westphalie (région d'Allemagne), effectue plusieurs voyages et pèlerinages; en 1351, il parle d'un peuple qui parle une langue qu'il appelle “Mandapolos”: probablement tiré du mot grec “mantes”, signifiant prophète ou diseur de bonne aventure. Et auparavant en l'an 804, l'Empereur Nicéphore Ier de Constantinople, cité par le moine et chronographe byzantin Théophane le Confesseur (759-818), parlait de leur « connaissance de la magie ».

* NOTE — Ces gens qu'on appelle Tsiganes proviennent en grande partie, du nord-ouest de l'Inde. Ils ont quitté cette région massivement vers le Xième siècle de notre ère, pour migrer vers l'Empire byzantin — soit la Grèce, la Turquie actuelle, ainsi qu'une partie des Balkans —. Bien que l'on ne sache pas trop encore pour quels motifs cet exode eu lieu, il y a de fortes chances que l'abandon de leur terre au nord de l'Inde soit directement lié aux invasions musulmanes; en envahissant le pays, ceux-ci ont bouleversé tout le système aryen des castes. Selon les recherches, il est avéré que certains d'entre eux provenaient de la caste des Rajput — la caste des aristocrates, ou caste royale —; alors que d'autres éléments rattachent une partie des Tsiganes aux Intouchables, c'est-à-dire “hors castes”, gens de plus basse condition sociale.
On dit aussi que les Tsiganes, peuple indo-européen d'origine indienne, arrivaient dans les contrées par petits groupes de 50 à cent individus — des groupes qu'on appelait à l'époque des “compagnies” —, pour éviter de donner l'impression d'envahir le pays où ils entraient, conduits par des chefs qui se nommèrent eux-mêmes « Comte » ou « Ducs ». Par ailleurs, la langue des Tsiganes (Rroms) est le Rromani, qui fait partie de la famille des langues indo-européenne du groupe indo-aryen, soit du même groupe que les Scythes. Leur langue maintient un corpus linguistique proche du sanskrit; alors qu'un tiers de la langue tsigane est issu directement d'emprunts faits au grec, même de nos jours.

Des jeux de cartes, en provenance des pays Arabes

Par ailleurs, certains historiens privilégient la théorie que les cartes soient arrivées en Europe, en provenance de l'Arabie, vers le XIIème siècle, selon certaines sources — ou vers 1350 selon d'autres sources —; où déjà, les Coupes et les Épées avaient été ajoutés en tant que symboles dans les suites déjà existantes — celles des chinois — des pièces de monnaie et des bâtons: tout comme c'était le cas pour les Hindous de l'Inde, d'où elles originent d'ailleurs: de par leur jeu de cartes nommé “Ganjifa”.

À cette époque, au jeu Ganjifa des Hindous du VIIIième siècle, on avait ajouté une troisième suite à la Cour. Alors au XVième siècle, trois classes de personnages figuraient maintenant sur les cartes Arabes, connues sous l'appellation de « Kanjifah » — qui est le nom du jeu de cartes utilisé par les Maures, d'origine Perse... alors que ce mot, “Kanjifah”, est d'ailleurs apparu dans une inscription sur un jeu de cartes Mamelouk aux environs des années 1400 —: soit Commandant, Lieutenant et sous-Lieutenant. Toutefois il s'agissait de cartes non-figuratives puisqu'elles ne pouvaient être représentés graphiquement: car la religion islamique interdit à l'homme de reproduire l'image des êtres vivants (ce privilège est réservé à Dieu, selon le Coran). Néanmoins, des inscriptions écrites au bas des cartes désignaient ces personnages.

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Roi de Coeur (Jeu Louis XV)
© France-Cartes

On retrace donc l'apparition des premières cartes à jouer dans le monde Oriental, dans la Chine du IXe siècle. Introduites en Inde, elles sont transmises aux Perses (Maures), qui étaient déjà en Inde; puis aux Mamelouks au XIième siècle. Tous les jeux de cartes primitifs européens ont une origine commune, étant inspirés des jeux “Sarrasins” — de la Perse sassanide, pré-Islamique — et musulmans des Mamelouks et des Arabes: les jeux de nahib (naïbs, naibis, naipes), terme désignant les cartes à jouer.

Notons qu'à la même époque ou à-peu-près, la Perse, l'Inde et l'Arabie utilisaient aussi des jeux de 48 cartes: les naïbes (naib-be, naibbe, nayb, naïbi, naip, naipes, naype) — en langue hindoustani le mot naïb (na-eeb) désigne un officier de l'armée « lieutenant » —, un jeu de soldats en image. Ce jeu de cartes oriental, étant à l'époque surtout joué par les enfants tout comme ils jouent encore à la « bataille » avec nos jeux de cartes actuels, comportait quatre divisions de l'armée se distinguant chacune par une enseigne portée par des personnages: une coupe à boisson, un gourdin (bâton), une bourse de deniers et une épée. On retrouvait aussi huit soldats numérotés de 2 à 9 et deux ou trois naïbis (officiers) différents, sans dame.

Donc, les jeux de cartes suivent souvent la voie des marchands, des commerçants et des aventuriers qui font du négoce hors de leur territoire d'origine dans les ports, les marchés et les foires; ou parfois même, par les invasions territoriales. Et bien qu'on puisse soupçonner leur présence un peu plus tôt * elles ne font leur apparition officielle en Europe que plus tard, au XIVième siècle. Peut-être aussi que les cartes auraient pû être introduites au XIIIième siècle sur le continent — certains parlent de l'an 1269 à Venise, alors surnommée “la porte de l'Orient” —, possiblement par l'entremise des Polo (Niccolo, Matteo et Marco), à la suite de l'un de leurs voyages en Orient..? Rien n'est clair à ce sujet, puisqu'aucun document connu ne l'atteste.

* NOTE — Afin d'appuyer la théorie selon laquelle on aurait pu constater la présence de jeux de cartes en Angleterre avant le milieu du XIIIème siècle, plusieurs sources citent à cet effet le fameux 38e canon du concile du Diocèse de Worcester en Angleterre — qu'on nomme aussi “ Le chapitre 38 du Concile de Wigorne ” —, tenu en l'an 1240, qui décrétait l'interdiction de jouer au « King and Queen ». Bien que plusieurs croient encore qu'on parlait de cartes à jouer en citant à tort cette référence. Il s'avère que le jeu « de rege et regina » mentionné dans ce document, fait plutôt référence au jeu d'échecs (chess game), qui aurait pû être appelé le « jeu des quatre rois » selon certains. En voici le texte original. — Synodus Wigorniensis, ann. 1240, cap. 38. « Prohibemus etiam clericis, ne intersint ludis inhoneslis, vel choreis, vel ludant ad aleas vel taxillos; nec sustineant ludos fieri de rege et regina, nec arietes levari, nec palestras publicas fieri. » Donc, le Concile de Wigorne de 1240 « défend aux ecclésiastiques d'être présens aux jeux déshonnêtes ou aux danses, de jouer aux dés et aux osselets. Il veut qu'ils ne permettent point les jeux du roi et de la reine, ni qu'on dresse des béliers, ni qu'on fasse des lices publiques ».

Ainsi, d'après l'essai de l'Orientaliste britannique Sir William Jones (1746-1794) dans la partie portant sur le jeu d'échec Indien, volume ii. de “Asiatic Researches”, cité dans “The history of playing cards with anecdotes of their use in conjuring, fortune-telling and card-sharping”, le jeu « Quatre rois » tel que joué par le Roi d'Angleterre Edward I, était un jeu d'échecs dont l'origine se situe en Inde. L'appellation « Quatre Rois » est en fait une traduction littérale du mot sanscrit Chatur-Anga, ou les quatre-Chaturaji, rajahs ou rois. Ce jeu semble avoir été connu depuis des temps immémoriaux dans l'Hindoustan sous le nom de “Chatur-Anga” qui désigne les “Quatre Angas” ou des membres d'une armée, dont on dit dans le Amaracosha: soit l'armée des éléphants, l'armée des chevaux, l'armée des chars et l'armée des fantassins — d'où aussi la notion des quatre suites dans les jeux de naïbes, de Tarots et de cartes —; et en ce sens, le mot est fréquemment utilisé par les poètes épiques dans leurs descriptions de véritables armées.

Citons les auteurs (The history of playing cards - traduction libre): « Des connaissances que nous avons du jeu d'échecs, il est évident que son introduction a eu lieu avant celle des cartes. Nous savons de Boccace, qui a vécu au XIVe siècle, que le jeu d'échecs était fréquent à Florence, en son temps. Lydgate mentionne un jeu d'échecs, où une Reine a conduit le Roi dans un coin de la table (du tableau), et il introduit même le terme « MATE ». Et Froissart, qui est muet sur la question des cartes, relate une partie d'échecs entre Charles V de France et le duc de Bourgogne. »

Mais il est possible aussi que ce texte fasse référence aux représentations théâtrales du Roi et de la Reine (les Trois Rois Mages) tenues dans le cadre des festivités liées à la fête de l'Épiphanie (la fève cachée dans une pâtisserie, soit la Fête des Rois qu'on célèbre le 6 janvier au calendrier liturgique catholique; et que l'on connaît encore de nos jours). Et pourquoi? Simplement puisque les Reines n'existaient pas dans les premiers jeux de cartes trouvés en territoire européen. Elles ont été ajoutées beaucoup plus tard dans les personnages de la Cour, soit semble-t-il vers les années 1440, au XVème siècle (tels qu'affichés dans les personnages de la Cour du Tarot français: Roi, Reine, Chevalier et Valet). Et ce sont probablement les Italiens, et/ou les Allemands, qui ont été les premiers à remplacer le Cavalier par une Reine; alors que dans les cartes à jouer françaises, le Cavalier (Chevalier) est dès le début, remplacé par la Reine.

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Valet de Trèfle (Jeu Louis XV)
© France-Cartes

Nos jeux de cartes contemporains sont le fruit de plusieurs influences, pays et cultures

Au fil des ans, les cartes à jouer ont donc évolué et subi les influences de plusieurs pays et cultures. D'une part, par les modes et les costumes; et d'autre part, par les Rois et leur Cour, les suites représentant — selons certains auteurs — les quatre mondes principaux de la société féodale ayant trait au cours de l'époque médiévale: la sphère militaire, le clergé, les commerçants et les fermiers.

Tandis que les enseignes de Coeurs, Carreaux, Trèfles et Piques — qui furent inventées par les Français —, qui sont en fait la marque de reconnaissance des quatre suites et qui sont parfois appelées “couleur”, sont pour la première fois citées en France vers l'an 1440. L'on dit aussi qu'il est possible que nos jeux de cartes actuels aient subi l'influence du jeu de Tarot... Mais... À moins que ce ne soit le contraire..? Mais ça, c'est une autre histoire... :0)

C'est donc en France, au milieu du XVième siècle, que les enseignes coeur, carreau, trèfle et pique se sont imposées. Elles furent exportés en Angleterre: même si en anglais les trèfles et les piques se désignent encore par les mots “clubs” et “spades” qui font plutôt référence aux Bâtons et aux Épées des jeux de Tarot.

Une hypothèse quant au symbolisme des figures a aussi été exposée par le père Jésuite Claude-François Ménestrier (1631-1705), dans son ouvrage “Bibliothèque curieuse et instructive” : « La composition de notre jeu de cartes, de roys, de dames, de valets, d'as, jusqu'au nombre de dix, divisez par leurs figures 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, avec des images de coeurs, de piques, de trèfles et de carreaux, fait voir que l'on voulut que ce jeu fût instructif, en même temps qu'il servirait au divertissement, avec cette différence des échecs que, ce jeu-là étant une image de guerre et d'un combat, on voulut que celui-ci représentât un état paisible et l'état politique composé de roys, de reynes, de vassaux et de quatre corps d'ecclésiastiques, de noblesse, de bourgeois et de laboureurs, artisans ou gens de campagne. Les ecclésiastiques représentés par les coeurs en forme de rebus, parce que les ecclésiastiques sont gens de choeur pour les exercices de religion; la noblesse militaire par les piques, qui sont les armes des officiers qui commandent les troupes et qui les conduisent; les bourgeois par les carreaux, qui sont le pavé des maisons qu'ils habitent, et les gens de la campagne par les trèfles. »

* NOTE — Prenons note cependant que cette description de Ménestrier n'est citée ici que pour le caractère allégorique de la chose; pour illustrer la façon de penser des gens qui à cette époque de grande noirceur, considéraient le système féodal prévalant en ce temps-là, comme étant beau, bon, souhaitable et dans l'ordre des choses. Après avoir passé le tamis des occultistes des XVIIIième et des XIXième siècles... sa vision quant à l'interprétation du sens profond des cartes, est totalement dépassée, et d'aucun intérêt; puisqu'elle n'a absolument aucun fondement en relation avec l'iconographie. Mais quel verbiage, quand même..!

Il se peut aussi qu'à l'origine du système du jeu à 52 cartes, ce jeu correspondrait à un calendrier basé sur les 52 semaines de l'année; les 4 suites — cœurs, carreaux, trèfles et piques — feraient référence soit au nombre moyen de semaines par mois, soit aux saisons de l'année. Les 12 cartes de la Cour réfèrent en soi aux mois d'une année. Les treize cartes comprises dans chaque suite, symbolisent les treize mois du calendrier lunaire; et les treize semaines qu'il y a dans chaque saison. Alors que la divination par les cartes remonte à aussi loin que l'origine des cartes elles-mêmes.


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