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Bohémiens, Gitans, Tsiganes: Savoir-Faire, Expertise, Magie, Divination
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Arts Divinatoires
ABC CARTOMANCIE • Les Tsiganes: experts, devins, magiciens
Arrivant de l'Orient, ils apportent leur savoir-faire à l'Occident...
On associe souvent aux mots divination, cartomancie et diseur de Bonne Aventure le peuple des Tsiganes (Rroms). Oubliant que dès leur arrivée en sol Européen, ces gens apportaient aussi leur expertise dans divers métiers: souvent méconnus en terre d'Occident. Ce qui contre toute attente a trop souvent suscité envie, jalousie, ostracisme, rejet et bannissement...
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La route sans repos

L'arrivée des Tsiganes aux portes de Paris le 17 août 1427 est spectaculaire. C'est un groupe de 120 personnes - hommes, femmes, enfants - qui sont de tous âges et de toutes conditions.

Certains, l'allure fière, vont à cheval avec armes et chiens, comme la noblesse; d'autres sont à pied, ou trimballent une charrette. Leurs chefs présentent des sauf-conduits, qui attestent de leur statut de pénitents. C'est que sous la pression des Rois Occidentaux, ils doivent obtenir le pardon du Pape... car autrefois Chrétiens, ils ont dû se convertir à l'Islam dans les Balkans, suite à la conquête Sarrasine: commettant ainsi le crime d'apostasie.

Le Pape consent donc à les absoudre et à donner un pardon collectif, sous condition qu'ils fassent pénitence: soit, en ne dormant pas dans un lit pendant sept années. Et ainsi s'explique en partie, la propension de ce peuple à être taxés de nomades.

Ainsi, selon les documents historiques qui ont pu être retracés, il appert qu'à l'origine le peuple des Rrom étaient sédentaires et ensuite, en raison de conditions défavorables, ils ont dû apprendre à vivre comme des nomades.

Source: Les Gitans (2007), auteur: Marc Bordigoni.


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Petits groupes

On dit que les Tsiganes, peuple indo-européen d'ori­gine indienne, arrivaient dans les contrées par petits groupes de 50 à 100 indivi­dus (des groupes qu'on appelait à l'époque des “compagnies”), pour éviter de donner l'impression d'envahir le pays où ils entraient, conduits par des chefs qui se nommèrent eux-mêmes Comte ou Ducs.



Le Rromani

Le Rromani, langue connune aux Tsiganes (Rroma), fait partie de la famille des langues indo-européenne du groupe indo-aryen, soit du même groupe que les Scy­thes. Leur langue maintient un corpus linguis­tique proche du sanskrit; alors qu'un tiers de la langue tsigane est issu directement d'emprunts faits au grec, même de nos jours.



Les Rroms ou Tsiganes, nomades ou sédentaires?

En dépit de la croyance populaire, de nos jours, les Rroms sont sédentaires à 80% dans le monde; et alors que seulement 5% de toute la population Rroma en Europe est encore nomade. Citons l'auteur du site web “Fils du Vent sans Pays”: « Il existe une différence très impor­tan­te entre la per­sonne ou le groupe qui a fait le choix de ce mode de vie et les mêmes qui auraient quitté leur pays chassés parce qu'indésirable ou obligés pressés par la faim ou le rêve d'une vie meilleure. »



Les Voyageurs

Selon les époques et les régions, ceux qu'on nomme “les gens du voyage” (mais appelés de préférence, les Voyageurs), sont appelés tsiganes, gitans, gypsys, sinti, zott, luri, jât, nuri, dom, roma, domarai, roms, athengani, gypsies, nuri (nawar), yéniches, rroma, manouches, bohémiens, romanichels, luli, mnouch, lom, zigueuner, zingari, ciganyok, boesmian, kalé, louri, zingares, tziganes, etc.

Par ailleurs, depuis quelques années surtout, attendu la multitude de dénominations qui existent, et la dispersion de ce peuple originaire de l'Inde dans tous les pays du monde, à-peu-près tous semblent s'entendre sur une appellation commune: Rrom.

Ainsi, “Rroma” signifie “tous les gitans, tsiganes, roms, etc”. Le singulier est “Rom”, le pluriel “Roma” ou “Roms”. Et le “Romani” est la langue officielle des Roma. Par ailleurs, le mot Rrom, d'origine Indienne, provient de Domb (pluriel: Domba). P.S. “Rrom” signifie à la fois “homme tzigane” et “époux”.

Mais ceci étant dit, prenons note que les Tsiganes sont composés de trois groupes principaux: les Rroms (dont découle “romanichel”), les Manouches (Sintés ou Sintis) et les Kalés (habituellement appelés “Gitans”); et parlant respectivement des langues apparentées: le rromani, le sinto (manouche) et le kalo.



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Séjour prolongé en Tzaconie pour le prince Geoffroy de Yille-Hardoin

Pour mieux saisir le pays des Tsiganes en Grèce, sur la péninsule du Péloponnèse, citons un extrait qui parle du prince Geoffroy de Yille-Hardoin, Geoffroy II d'Achaïe, prince d'Achaïe, 1228-1246:

« Sous les Français, nous voyons le prince Geoffroy de Yille-Hardoin, le baron des barons, prendre possession de Corinthe et faire bâtir vis-à-vis de l'Acro-Corinlhe, du côté de la Morée intérieure, le petit fort de Mont-Ësquiou, dont le nom, qui rappelait au prince champenois l'un des villages placés près de sa terre de Yille-Hardoin en Ghanipagne, s'est conservé jusqu'aujourd'hui presque sans variation.

Toutefois, comme ce n'était pas du côté de l'Attique, occupée par des compa­trio­tes puissants, que la con­quê­te française pouvait courir quelque danger, mais bien du côté des montagnes de la Laconie et de la Tzaconie, occupées par des tribus guerrières et amies de l'indépendance, comme l'étaient leurs prédé­ces­seurs les Spartiates, ce fut cette partie du pays qu'il se réserva à lui-même, et sur laquelle il porta toute son attention. »



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Temps Modernes: Tzaconie, Pélopon­nèse et Morée

De nos jours, le Pélopon­nèse — cette péninsule grecque ayant accueilli les Tsiganes — est connue sous le nom de Morée. Elle est divisée en quatre parties: 1) Le duché de Clarence (qui comprend l'Achaïe, la Sicyonie, la Corinthie); 2) Le Belvedere, nommé jadis l'Elide & la Messénie; 3) La Sacanie, jadis le pays d'Argos; 4) Et la Tzaconie, qui comprend l'Arcadie et la Laconie des anciens. Note: cette derniere partie est aussi nommée le bras de Maina.

Les principales villes de la Morée actuelle sont Coron, Clarence, Argos, Belvédere, Maina (autrefois Elis), Leuctrum, Leontari, Mégalopolis, Coranto ou Corto, Corinthus, Misitra, Sparta,Patras, Napoli de Romanie, etc.



Le double “R” des Rroma

Pour contrer les diverses appellations péjoratives parce qu'assimilées aux concepts de “nomades”, “esclaves”, “voleurs”, “persécution”, “camp de réfugiés”, “paresseux”, etc — telles gitans, tsiganes, bohémiens, etc —, ce peuple originaire de l'Inde souhaite adopter le terme Rom pour désigner leur nation, malgré sa diversité.

Alors souvent, faisant suite aux recommandations des membres des associations rroma, un préfixe avec un double “R” est utilisé: comme dans Rrom (nom au singulier), Rroma (nom au pluriel), Rromani (adjectif et langue): d'une part, pour mieux correspondre à la prononciation dans la plupart des dialectes rromani; et d'autre part, pour aider à éviter la confusion entre la désignation ethnique et le patronyme d'autres systèmes tels que la Roumanie, Rome, Romain, Romand, etc.

Cette nouvelle désignation fut acceptée en 1995 par le Conseil de l'Europe. « (...) Le Conseil de l'Europe a approuvé l'utilisation du terme “Rroms (Tsiganes)” dans ses documents officiels (CPLRE Recommandation 11 - Juin 1995) »



Les Tsiganes: diseurs de bonne aventure, magiciens, et plus!

Divers documents attestent de la présence des Tsiganes en sol Européen, depuis plus de 3,000 ans. Ayant migré en partance du Nord de l'Inde, d'aucuns disent la Bonne Aventure; mais ils arrivent aussi avec une expertise fort prisée dans divers métiers: dont plusieurs sont encore inconnus en cette nouvelle contrée.

La dissémination des cartes à jouer en Occident par les Tsiganes... et bien plus!


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Les Tsiganes, réputés diseurs de bonne aventure et magiciens depuis au moins l'an 692... selon des documents avérés

Qui a dit que les Rroms — Tsiganes, Gitans, Bohémiens, etc — ne pouvaient avoir participé à l'introduction des cartes à jouer en Europe occidentale... et qu'il s'agissait tout simplement d'un mythe, puisque leur présence n'était avérée qu'à partir du XVième siècle..? Certains historiens et auteurs, bien sûr; qui sans doute comme plusieurs de leurs contemporains — houspillés par le puissant clergé et particulièrement par l'Église catholique romaine —, auraient souhaité effacer les traces de leur présence — et de leur apport si particulier surtout — en cette contrée. Alors rétablissons les faits, clamons la vérité, rendons à César ce qui appartient à César. Puisque tel qu'il a été possible de le constater dans les paragraphes précédents (page précédente), les Rroma sont en Occident depuis près de 2,000 ans; alors qu'ils sont les précurseurs en matière de “bonne aventure” et de cartomancie: l'art de prédire l'avenir avec les cartes à jouer. Et ce sont des faits avérés.

Donc en l'An de Grâce 692 de notre ère, lors du Concile de Trullo tenu à Constantinople (Istambul actuel), en référence au Canon LXI, le canoniste Theodore Balsamon (né vers 1130–40, dcd vers 1195) fait mention vers l'an 1200 du texte de cet édit. Ainsi, ciblant en particulier les Atsingani (tsiganes), l'Église édicte qu'elle va imposer une punition de six ans d'excommunion à toute personne membre de l'Église qui exploiterait le public en montrant des ours ou tout autre animal pour l'amusement, ou qui dirait la bonne aventure.

pique

Puis toujours en référant encore à ce Canon de l'an 692, Theodore Balsamon explique ce qu'est un ventriloque, et il écrit ce commentaire:
« Les ventriloques et magiciens sont tous ceux qui sont inspirés sataniquement et qui prétendent prédire l'inconnu, tel le Arthinganoi (atsinganoi, tsigane), le “kritiai”, les faux prophètes, les hermites et autres ». Son texte sera repris quelque cent ans plus tard par Anatasius I, Patriarche de Constantinople, dans une lettre qu'il envoie au clergé... ce qui entraîne des conséquences très néfastes pour les tsiganes. Le Patriarche demande alors au clergé de recommander à leurs congrégations et paroissiens de ne pas s'associer avec les diseurs de bonne aventure, les montreurs d'ours, les charmeurs de serpents; particulièrement de ne pas autoriser les “Adingánous” (tsiganes) à entrer dans vos maisons, parce qu'ils enseignent des choses démoniaques.

En 804, l'Empereur Nicéphore Ier de Constantinople, cité par le moine et chronographe byzantin Théophane le Confesseur (759-818), parlait de leur « connaissance de la magie ». Puis en l'an 1050, tel que répertorié dans le “Livre de Saint George le Hagiorite” (Saint George the Athonite - un moine qui vivait au Monastère orthodoxe d'Iveron au Mont Athos), l'empereur Constantine Monomachus demande l'aide d'un « Samaritain, descendant de Simon le Magicien, dénommé Adsincani — terme qui est la forme Géorgienne du mot Grec atsínganoi ou atzínganoi, qui désigne un tsigane —, renommé pour prédire les événements et pour ses dons de sorcellerie »; car il avait besoin de l'aide de quelqu'un pour tuer les bêtes sauvages — des lions sauvages, en fait — qui envahissaient le parc impérial. Alors il est dit que le sorcier tsigane a déposé par terre des pièces de viande envoûtées (probablement empoisonnées), dévorées par les bêtes féroces; ce qui les tua instantannément.

Notons aussi que depuis le VIième siècle, le terme “Atsinganoi” — ou Atsingani, pour Tsiganes — fut utilisé pour désigner les Rroms (Tsiganes), membres d'une secte manichéenne (du prophète Melchisédès). Il a aussi été utilisé vers 1054 pour désigner les diseurs de bonne aventure itinérants, ventriloques et magiciens qui ont visité l'empereur Constantin IX — Empereur byzantin (Empire romain d'Orient, Grèce actuelle et Turquie) —. Puis Ludolph de Sudheim (Ludolph Schilder), curé de la paroisse de Sudheim en Westphalie (Allemagne), effectue plusieurs voyages et pèlerinages; en 1351, il parle d'un peuple qui parle une langue qu'il appelle “Mandapolos”: probablement tiré du mot grec “mantes”, signifiant prophète ou diseur de bonne aventure.

Fortune Teller
The fortune teller (1841)
Mikhail Ivanovich Skotti

Puis au XVième siècle, dans les Canons Byzantins de l'Église, une mention apparaît, prescrivant une punition de six ans d'excommunion pour « ceux qui consultent les femmes Égyptiennes — “Aiguptíssas”, ou tsiganes —, pour se faire dire la bonne aventure, ou pour ceux qui amènent une diseuse de bonne aventure dans leur maison, pour pratiquer la sorcellerie sur eux, s'ils sont malades ou qu'ils souffrent de n'importe quelle autre cause ».

Les Tsiganes apportent à l'Europe expertise et savoir-faire

Dans l'imagerie populaire, les Rroms - tsiganes, gitans, bohémiens, etc - sont associés à l'étrange, au mystérieux, à l'inconnu; et bien sûr, à la divination, à la magie, voire à la sorcellerie. C'est que dès l'origine, leur savoir-faire était méconnu des Européens... l'ignorance entraînant la peur - dont celle de la compétition pour l'obtention de travail -, l'envie et la jalousie; et trop souvent, l'ostracisme et le rejet.

Pourtant, dès leur arrivée en Occident, les Tsiganes exerçaient déjà en Inde, et excellaient dans divers métiers traditionnels. Des arts et métiers où ils affichent une grande expertise, ce qui déplaît aux compétiteurs.

On peut relater, tel que cité dans divers documents avérés: hommes travaillant le fer (forgerons, rétameurs, chaudronniers, etc), forgeron à froid (soit « celui qui travaille les métaux avec le marteau, sans les mettre au feu »), batteurs de métaux (or, argent, cuivre, bronze, fer) pour fabriquer divers objets (boucles d'oreilles, bracelets, croix, fermoirs, etc), ferblantiers, orfèvres, fabricants de couteaux, fabricants d'aiguilles, fabricants de clous, cordonniers et sandaliers, maquignons, vanniers, manoeuvres et maçons, charpentiers, constructeurs de maisons, laboureurs, cultivateurs, agriculteurs, travailleurs de ferme, hommes de troupeaux, briquetiers, mécaniciens, montreurs d'ours (appelés oursiers), dresseurs d'animaux, loutiers, dresseurs de chiens, éleveurs de chevaux, vétérinaires (guérisseurs d'animaux) et chirurgiens-vétérinaires, ferrage des animaux (maréchal-ferrant ou maréchalerie), forgeurs de fers à cheval et de chaînes de chiens, vrillage, fabricants de cribles, gardes du palais, soldats mercenaires, commerçants, négociateurs, clercs à la Cour des rois, libraires, forains, bûcherons, bouchers, équarrisseurs, tanneurs, fossoyeurs, éboueurs, chiffonniers, ferronniers, charriers, etc.

De leur côté, les femmes pratiquaient souvent le métier de sage-femme ou de guérisseuse: notamment pour préparer des potions avec des herbes médicinales, pour guérir les chevaux par des moyens « magiques », pour la préparation de tisanes de guérison et d'aphrodisiaques, pour enlever les verrues, etc. Elles pratiquaient aussi l'art de dire la bonne aventure - les “métiers de Bohême” - par exemple, en lisant l'horoscope de la destinée dans les lignes de la main, en lisant dans la boule de crystal ou dans les feuilles de thé, en tirant les cartes, en utilisant leur don de seconde vue pour deviner (voyance), etc.

Les Tsiganes: pouvoirs surnaturels, divination, guérison, protection

La plus célèbre activité des tsiganes est celle de dire la bonne aventure. La “diseuse de bonne aventure bohémienne” est même un archétype, dans toutes les civilisations du monde. Depuis les temps anciens, entourées d'une aura de mystère et de magie, ces femmes tsiganes — qu'on appelle drabardi (drabardi) en Rromani — pratiquent plusieurs formes de divination pour livrer au monde gajikané — les non-gitans, les non-tsiganes —, leurs prédictions. Ce qui en soi s'est avéré être un excellent moyen d'entrer en contact étroit avec les gens, qui leur faisaient des confidences: révélant certains aspects des conditions locales que les Tsiganes n'auraient autrement pas été en mesure de juger; ce qui leur permettait, par la même occasion, de mieux saisir le climat politique et économique des régions qu'ils visitaient, en tant que peuple nomade. En outre, la pratique des arts divinatoires était bien sûr, un moyen relativement simple de gagner de l'argent.

* NOTE — Bien qu'on aimerait croire que leur grand pouvoir de prédiction puisse provenir de sources surnaturelles — ce qui peut difficilement être prouvé empiriquement —, c'est surtout leur capacité remarquable à juger le caractère humain, quitte à manipuler les désirs secrets et les faiblesses humaines si besoin — leur crédulité, par exemple; ou leur goût pour les choses exotiques —, qui confère aux femmes tsiganes ce pouvoir de devineresses. Elles savent d'ailleurs que les gens se souviennent en général des prédictions qui se réalisent, mais ont tendance à oublier celles qui ne se réalisent pas; ce qui leur sert à bâtir leur renommée, d'ailleurs. Alors, ces diseuses de bonne aventure ajoutent souvent une note exotique ou un élément passionnant dans leurs prédictions, quant à la vie à venir des gadjé (non-tsiganes). Elles prédisent d'ailleurs, la plupart du temps, un avenir favorable; mais en ajoutant quelconque avertissement mystérieux de possibles périls qui pourraient être évités par l'adoption de conditions préventives, pour conjurer l'éventuel malheur à venir; ou pour favoriser la chance au jeu ou en amour. Comme par exemple... en portant une amulette, un talisman de protection ou un porte-bonheur, fabriqués par leurs bons soins, et qu'on peut acheter.

Ainsi les femmes tsiganes — mais parfois aussi des hommes tsiganes — utilisaient souvent plusieurs formes de divination lors d'une consultation privée. Elles pratiquaient tout d'abord la chiromancie, pour établir un contact “intime” avec la personne consultante; technique via laquelle elles étudiaient la forme des mains, la forme des doigts et les dessins formés par les lignes dans la paume de la main: tant pour être en mesure de décrire le caractère et les aptitudes d'une personne, que pour faire des précictions sur sa destinée. Elles faisaient aussi la lecture des feuilles de thé (thédomancie), des cartes à jouer et tarots (cartomancie), ou d'autres objets tels les grains de maïs, etc. Puis elles interprétaient également les visions recueillies par la boule de crystal (cristallomancie); de même que la signification des nombres, pratique appelée numérologie.

* NOTE — Chez les Tsiganes, l'art de dire la bonne aventure est souvent associé aux femmes. Mais parfois aussi, cet art divinatoire est pratiqué par des hommes, appelés “drabardo” alors que pour les femmes, on utilise le terme “drabardi”.

* NOTE — En outre, deux autres pouvoirs sont traditionnellement conférés au peuple tsigane. L'un, considéré “pouvoir surnaturel”, consiste en la capacité d'utiliser la magie — ou la sorcellerie — pour soit émettre, soit contrer des malédictions: desquelles on peut se protéger de la maladie ou du malheur par divers rituels, par des sorts bénéfiques, mais aussi par le port de pierres “envoûtées”, d'amulettes et de talismans; comme par exemple, découvrir la localisation d'objets volés. Puis l'autre, fort utile, a trait aux pouvoirs de guérison et peut être pratiqué tant par les hommes que par les femmes tsiganes: ces guérisseuses appellées drabarni ou drabengi — un terme qui signifie “Petite Mère Verte” ou “Petite Mère aux Herbes” —. Pour guérir la maladie, divers rituels de guérison peuvent être pratiqués; mais les tsiganes connaissaient aussi fort bien l'herboristerie, le secret des plantes qui guérissent (drabarinos), qu'on appelle des “simples”. Et dans la pharmacopée tsigane, cetaines herbes médicinales appelées “sastarimaskodrabaró” (sastarimasko drabořo), ayant des propriétés médicinales en plus de leurs qualités surnaturelles, sont utilisées pour prévenir les maladies ou pour la guérison; tant pour les humains que pour les animaux, en particulier les chevaux mais aussi les mules, utiles en tant que sources de revenu. Plus de détails sur “La Pharmacopée Tsigane” (Le Vurdon d'Isha).

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Carte Hofmeister, suite de Bohême
Jeu Hofämterspiel - Vers 1455
© Kunsthistorisches Museum

Mention des cartes à jouer Bohémiennes, dès 1340 en Bohême

Selon le réputé site Trionfi, les cartes à jouer — qui étaient semblables au jeu Hofamterspiel — étaient connues et utilisées en Bohême en 1340 et en usage probablement même avant. Ce jeu présentait comme suites les armoiries de quatre royaumes, soit la France, l'Allemagne, la Bohême et la Hongrie. Dans l'article de Trionfi, l'on y cite aussi un livre allemand (Versuch einer Geschichte des böhmischen Handels), qui stipule que Jonathan Kraysel était recensé comme cartier à Prague en 1354, en cette région de Hongrie et de Bohême. Le moine Johannes de Rheinfelden en parlait aussi en 1377. S'agissait-il de nos réputés diseurs de bonne aventure bohémiens qui ont sillonné l'Europe au Moyen-Age? Il y a fort à parier que oui.
Voir jeu Hofämterspiel, sur Wikipedia.

Les Arts divinatoires Tsiganes, une voie ésotérique méconnue

Tel qu'exposé précédemment, dès leur immigration en Europe occidentale les Tsiganes (Tziganes) constituaient une communauté fort riche à tous points de vue. Ce peuple avait ses propres rois et reines, ses propres compétences — notamment au niveau de leur savoir-faire quant à divers métiers —, ses propres traditions initiatiques. Ces gens étaient des experts dans plusieurs formes de divertissement, dans le dressage et dans les soins vétérinaires des animaux, de même que dans l'art de la divination.

En provenance de l'Orient, leurs méthodes de divination semblaient inhabituelles aux peuples de l'Occident. Ces pratiques divinatoires comprenaient entre autres, la “lecture” de divers éléments tels que les boules de crystal (cristallomancie), les feuilles de thé (thédomancie ou tasséomancie), les nuages (néphalomancie), la formation de sable dans les lits des cours d'eau, les reflets de la pleine lune sur l'eau (sélénomancie), etc. Ils lisent aussi dans les paumes de la main (chiromancie) et utilisent d'autres techniques physionomiques. Malheu­reu­sement, les Tsiganes étant un peuple de tradition orale en marge de la littérature européenne, plusieurs des différents arts divinatoires qu'ils ont développé furent faussement attribués aux alchimistes, aux Rose-Croix et autres occultistes de Prague ou de Bohême.

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Prédire l'avenir et vivre au jour le jour
Gypska la Gitane et le mage Oranoff
Carte postale publicitaire début XXe siècle
© Fils du Vent sans Pays

En ce temps d'ailleurs, la Bohême était considérée Terre Mère de plusieurs traditions ésotériques européennes. Rien d'étonnant en soi. Les tsiganes étaient un peuple nomade et chaque année, leurs itinéraires de voyage les amenaient en Europe via la Bohême; de ce fait, ils furent largement connus comme “Bohémiens”.

En fait, les Tsiganes se déplaçaient dans toute l'Europe et dans les régions slaves: allant vers le Sud pour l'hiver, et vers le Nord pour l'été; et organisant en cours de route des carnavals et des spectacles d'animaux savants, ainsi que des prédictions faites par divers types de “diseurs de bonne aventure”, “donneuses de bonne aventure” ou “tireuses de cartes”, et consenties pour une rétribution.

Il est donc avéré que l'art de dire la bonne aventure par les cartes à jouer ou cartomancie, fut surtout popularisé par les femmes Tsiganes — des cartomanciennes qu'on appelait Bohémiennes — dans l'Europe médiévale, suivant la dissémination des cartes à jouer, à compter du XIVième siècle surtout. Et probablement d'ailleurs, en utilisant ces cartes qu'elles avaient amenées avec elles en partance de leur terre natale, l'Inde; cartes qu'elles avaient vraisemblablement adaptées aux réalités sociales de leur nouvelle terre d'adoption. Et bien qu'elles utilisent généralement un jeu de 36 ou de 32 cartes, nous savons qu'elles ont également utilisé les Tarots. En conséquence les autorités en la matière et les véritables enseignantes de la cartomancie étaient et sont toujours... les Tsiganes.

* Cartomancie Bohémienne — Selon Paul Boiteau d'Ambly (Les cartes à jouer et la cartomancie, Paris 1854), « Les cartes sont venues de l'Orient et ont été introduites en Europe par les Bohémiens (venant de l'Inde). ». En page 320, il ajoute: « Pour ce qui est de la cartomancie inférieure pratiquée dans les foires, on peut, on doit même affirmer qu'elle date juste du jour où les cartes ont été introduites en Europe. C'était, comme on l'a vu, vers la fin du moyen âge, entre l'année 1275 et l'année 1325. Les Bohémiens en firent leur gagne-pain (...) ».

Bohémienne
Chez la diseuse de bonne aventure — Bei Der Wahrsagerin
Jakob Samuel Beck (Allemagne) — Entre 1736 et 1776
© Hampel-Auctions — © Wikipedia

* Bohémienne cartomancienne, diseuse de bonne aventure — Selon une mention du site tsigane “Fils du Vent sans Pays”, la cartomancienne est l'un des métiers des Bohémiens. Bobareasa : femme tsigane, diseuse de bonne aventure (par des grains de maïs, des haricots, des cartes, ou au moyen d'un coquillage). In Les Tsiganes, C. J. Popp Serboïanu, Payot, 1930.

* Divination Bohémienne — L'imagerie populaire associe la “diseuse de bonne aventure bohémienne” à la lecture dans les lignes de la main (chiromancie); aux prédictions faites grâce à la boule de crystal (cristallomancie); ou à une lecture divinatoire des symboles et des dessins formés par les feuilles de thé dans la tasse après qu'on en ait bu le thé (thédomancie). Ce qui est avéré. Toutefois, lorsque les cartes furent mieux connues en Europe, les tsiganes bohémiennes utilisaient aussi la cartomancie — cartes à jouer et tarots — pour prédire l'avenir. Les prédictions réalisées portaient souvent sur des questions relatives aux perspectives d'avenir romantique (ex: rencontre amoureuse, mariage, divorce, etc), financier (possibilités d'emploi, prospérité financière, affaires et entreprises, héritages, etc), la santé et la maladie, la procréation, etc. Plusieurs diseuses de bonne aventure donnaient aussi des “lectures de caractère” grâce à la numérologie, la chiromancie, la graphologie, la morpho-physionomie et l'astrologie: parfois pour aider le client à mieux se connaître, mais parfois aussi pour évaluer la compatibilité matrimoniale entre deux personnes.

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Tsiganes diseur de bonne aventure. Facsimilé d'une gravure sur bois dans la “Cosmographie Universelle” de Sebastian Münster: in-folio, Bâle, 1552 — © Wikipedia

* Cosmographia Universalis (Cosmographie Munster), Bâle (1550), par Sebastian Münster — Cité par le site “Fils du Vent sans Pays” ‹ Rapporté par Auguste Stoeber dans Contes populaires et légendes d'Alsace, Presses de la Renaissance, 1979) ›, un certain passage de Sebastian Münster nous informe que les tziganes disaient la bonne aventure bien avant le XVIIIième siècle. La citation va comme suit: « Quand on comptait, depuis la naissance du Christ, mille quatre cent et dix-sept, on a pour la première fois vu les Tziganes (...). Leurs vieilles femmes se mêlent de dire l'avenir (...) ».

En parallèle mais beaucoup plus tard, au cours du XVIIIième siècle, alors que l'Inquisition était sur le déclin, un vent de renouveau flotte sur l'Europe occidentale en ce début de Renaissance; faisant éclore une certaine “mode spiritualiste”. Diverses publications et textes dits magiques, alchimiques ou ésotériques sont achetés par la noblesse, tels les recueils de traités mystico-philoso­phiques “Corpus Hermeticum” attribués dans l'Antiquité au mythique Hermès Trismégiste: qui met à l'avant-plan l'ancien savoir mytique de l'Égypte ancienne. ‹ La traduction française des 17 Livres du Corpus Hermeticum est disponible ICI sur le site de de Claude Le Moal, grâce à la collaboration des Éditions du Septénaire et des Éditions Rozekruis Pers. ›; et la popularisation d'artefacts égyptiens hiératiques tels la Mensa Isiaca (la table d'Isis) publiée par Athanasius Kircher, égyptologue.

Dès lors, suivant cette mode, à-peu-près toutes les connaissances divinatoires et ésotériques furent attribuées à l'Égypte ancienne: et tous, depuis la franc-maçonnerie jusqu'aux mesmériens, revendiquaient leurs racines dans les antiquités de la vieille Égypte. Et c'est dans ce courant que les écrits de Court de Gébelin (voir son essai portant sur le Tarot de Marseille, Le Monde primitif, publié en 1781) et que la cartomancie d'Etteilla ont pû fleurir: puisque selon ces deux “tarologues” particulièrement, la divination avec des cartes de Tarot était supposée être d'origine “égyptienne”. Et c'est aussi dans ce courant que le savoir traditionnel tsigane devint très en demande par les nobles et la classe moyenne; alors que les Tsiganes étaient heureux d'obliger les européens crédules, avec des histoires de leurs origines en Egypte... ce qui en fait n'était pas tout-à-fait faux: puisqu'ils appelaient leur terre patrie “La Petite Égypte”, soit une région située dans le Péloponèse des îles grecques occidentales. D'où leur appellation de “gypsies”, ou gitans; terme découlant du mot Égypte.

Les Tsiganes au XXIe Siècle

Couleurs criardes des roulottes, caravanes et verdines gitanes

roulotte gypsy
Roulotte tsigane, années 1930
© Fils du Vent sans Pays
Musique (MusicMe):
Au temps des verdines,
par Francis-Alfred Moerman

Quelle grande fascination elles exercent ces maisons nomades, ces demeures errantes habitées par les Gitans, ces verdines, ces caravanes traditionnelles, ces roulottes d'habitation, ces roulottes tziganes-gitanes qu'on voit parfois encore sillonner les routes du pays au pas lent des chevaux...

La tradition veut que les tsiganes qu'on voit traverser les villages de temps à autre, arborent des couleurs de roulotte ou de caravane un peu criardes, quoi que très attirantes à l'oeil. Certains pensaient alors: “Quel mauvais goût”, ou “Quel gens bizarres” ou encore, “Ils ont dû avoir des prix sur de la peinture que personne ne voulait”.

Ces couleurs criardes furent en fait imposées par les “gadje” — les gens qui sont sédentaires et non-gitans — pour que les les gens puissent voir arriver de loin ces “voleurs de poules“ Tsiganes et ainsi protéger ce qui pouvait l'être. Source: Jan Yoors, Tsiganes, Phébus, 1990.

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