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Jeux de Cartes Maures et Mamelouks VERSUS les Cartes à Jouer
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ABC CARTOMANCIE • Historique Jeux Maures & Jeux Mamelouks
Les jeux de cartes Maures et Mamelouks arrivent en Europe...
Originaires de l'Orient, les jeux de cartes naïbes - un jeu de cartes, qui provient du mot « nabî », soit un devin arabe - sont introduits dans l'Europe médiévale par deux peuples arabisés... Les Maures et les Mamelouks d'Égypte.
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Perses sassanides, des Sarrasins

Les Perses sassanides — de la Perse pré-Islamique, soit avant la conquête territoria­le Arabe en l'an 651 —, à la faveur des mariages mixtes entre Perses et Indiens immigrant en Perse depuis l'an -241, firent naître un nouveau groupe ethnique: les DOM, devenu plus tard Rrom ou Tsigane. Au Moyen-Age les européens les dési­gnent souvent par le terme “Sarrasins”, en référence aux Perses sassanides.

De l'Inde, ils ont importé le jeu d'échecs nommé Chatu­ranga, qui deviendra le jeu d'échecs persan nommé Sha­tranj; jeu qui sera introduit en Europe au Moyen-Age. Ce jeu est aussi une source d'inspiration pour créer un jeu de cartes: et proba­ble­ment ce jeu qu'on appelle “Jeu des Maures” ou cartes maures­ques. Plus de détails sur la page Jeux en Inde, dans notre Historique de la Cartomancie.

Suite à la conquête de 651, le peuple Perse devient en partie arabisé; notamment par les conquérants Berbè­res qu'on appelle Maures. S'ensuit une nouvelle mixité raciale en Perse.

Puis curieusement, on note une autre similiture. Depuis le Xe siècle, les grecs ont nommé “Morée” une région de Grèce qui comprend l'ar­chipel du Péloponèse; alors qu'au XIVe siècle, il est avé­ré que des communautés de tsiganes habitent en Grèce continentale depuis plu­sieurs générations (moment où l'Impératrice Catherine de Valois-Courte­nay invite ces gens à venir s'installer dans le Pélo­po­nèse, princi­pauté de Morée, dès 1332). Et les Perses sont présents en Grèce depuis au moins l'an -499 avant J.-C. (guerres, invasions, etc). Leur jeu de cartes est-il le Jeu des Maures? On peut légiti­me­ment creuser la question.



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Les Mamelouks

Du IXième siècle jusqu'au milieu du XIIIième siècle, les Mamelouks — terme arabe désignant étymologiquement la “chose possédée” — sont des soldats membres d'une milice formée d'esclaves pouvant s'affranchir, rece­vant une solde à l'issue de leur formation. Ils sont consi­dérés comme étant la meilleure armée du monde islamique.

Faisant suite aux invasions territoriales musulmanes, les Mamelouks (Mamlûks) furent recrutés parmi les captifs non musulmans provenant du Turkestan (“Pays des Turcs”), une région d'Asie centrale; puis d'Europe de l'Est ou de Russie méridio­nale. Les musulmans ache­taient ces prisonniers de guerre, pour ensuite les éduquer et les exercer, afin de servir dans l'armée.

Les esclaves turcs étaient particulièrement recher­chés, pour leur combatti­vité. S'intégrant au fil du temps à la population locale, ils se convertissent à l'isla­misme et parlent l'arabe.

Parallèlement, au Xième siècle, les Turcs Seldjou­kides ont émigré de leurs terres ancestrales pour s'établir dans la Perse conti­nentale (Iran actuel). Ils se sont aussi intégré à la popu­lation locale, adoptant la culture persane et la langue dans les décennies suivantes. En qualité de soldats et de mercenaires, les Mamelouks étaient affectés à la garde des califes Arabes à Bagdad; ou au service des califes musulmans et de l'Empire ottoman, au Nord-Est de l'Afrique et en Égypte.



Une anecdote...

Il semble que les Italiens étaient incapables de prononcer le mot Arabe qui désigne un jeu de cartes, dont l'appel­lation Arabe est “kanjifah”. Mais dans ce jeu, l'une des figures de la Cour est un “nayb” ou “vice-roy”. Puisque “nayb” (naïb) était plus facile à prononcer, alors on y est allé comme ça. Simplement. :0)
Source: WOPC.



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Cartes Maures ou Cartes Mamelouks?

Il est important de noter que les cartes Maures affi­chent une ressemblance frappante avec les cartes de style Mamelouk islamique — du peuple Mamelouks d'Égypte, assimilé au peuple Arabe —. En fait, le jeu de cartes mauresque paraît être une version plus simple et plus rudimentaire du jeu des Mamelouks; c'est peut-être la même chose, finale­ment; mais en version diffé­rente. Toutefois, ce fait suggère aussi que le style de cartes “Maures” (naïbes) était déjà implanté en Euro­pe avant l'introduction du jeu des Mamelouks.

Quant au jeu de naïbes des Mamelouks, un examplaire est préservé au Musée d'Istanbul en Turquie (voir l'illustration dans l'article ci-contre). Il s'agit d'un spéci­men d'un jeu presque com­plet (47 cartes), créé vers les années 1400. Une fois reconstitué, il s'est avéré qu'il s'agissait d'un jeu de 52 cartes, quasi identique à la variété italienne des ensei­gnes latines (Italian Latin-suited cards), créés vers 1462 avec les suites, Coupes, Bâtons, Deniers, Épées.



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Le devin arabe, qu'on nomme nabî

Que sait-on sur la divination arabe sinon qu'en principe, elle serait interdite..? C'est une fausse prémisse, en fait. Le nabî, devin arabe mais surtout prophète, fut bien réel. Celui-ci puisait son inspiration mantique auprès de la divinité qui l'inspirait et avec qui il avait, dit-on, des relations personnelles, sans intermédiaire. Il était à la fois le porte-parole de cette divinité, mais aussi son desservant: c'est-à-dire, ministre du culte pour sa communauté, comme un prêtre ou un pasteur, par exemple. Son action sociale consistait à transmettre aux gens le message divin, soit la volonté ou les caprices des dieux; ou bien, leurs desseins sur les hommes.



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Cartes Maures et Mamelouks: l'arabisation des traditions

Quel correspondance symbolique retrouve-t-on entre des cartes d'Asie et d'autres des pays Arabes?
Des suites si semblables, qu'elles semblent apparentées. Dont notamment cruche/coupe, pièce de monnaie/pièce de monnaie, massue/bâton/bâton de polo, sabre/cimeterre ou épée.

Les Naïbes, ces cartes à jouer apportées par les Maures et les Mamelouks d'Égypte

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Nous voici maintenant arrivés aux alentours des années 1000 de notre ère. L'Histoire raconte que c'est en suivant la route de la soie — vers la Chine bien sûr, en transitant par l'Inde et les diverses contrées de l'Asie —, que des voyageurs et commerçants amènent avec eux des cartes à jouer en Occident, jusqu'en Arménie (pays à la frontière de l'Orient et de l'Occident), où apparaît bientôt le jeu de naïbi. Selon certains documents, ces cartes nommées naïbi avaient à l'origine un usage tant pédagogique que ludique, puisque le jeu apprenait aux enfants arméniens à compter; ainsi qu'à conserver le souvenir de l'histoire de leur peuple exilé.

À cette époque, en raison des invasions territoriales et des guerres sanglantes sévissant sur leur territoire, et bien que des milliers aient déjà émigré vers la Perse (Iran actuel) entre 224 et 642 de notre ère, nous voyons aussi un exil massif de populations provenant du Nord-Ouest de l'Inde entre l'an 850 et l'an 1000, vers l'Empire byzantin (Grèce, Turquie, Balkans) et vers le monde occidental. Ces gens qu'on désigne du nom de Tsiganes (atsĂ­nganoi ou atzĂ­nganoi), fameux diseurs de bonne aventure entre autres, et dont la présence est attestée par divers documents.

* NOTE — Pour plus de détails, visiter la page “Bohémien, Gitan, Tsigane” dans l'Historique de la cartomancie.

Le jeu de cartes des Maures: des naïbes, ou des cartes à jouer

C'est en l'année 1379 à Viterbe en Italie, que le peuple des “Sarrasins” est cité comme ayant vendu un jeu de cartes à un marchand italien. Il s'agissait très probablement, de ce qu'on appelle communément un jeu de cartes des Maures. En fait, on le constatera davantage plus tard, en comparant l'iconographie des jeux de tarots italiens, avec l'iconographie des cartes maures; notamment, puisque ces jeux comportent tous les deux quatre suites (coupes, bâtons, deniers, épées) mais surtout, parce que l'épée représentée sur leurs jeux est droite... et non pas courbée comme celle qu'on peut voir par exemple sur le jeu des Mamelouks (un cimeterre, à lame courbée). Dans ce cas, en admettant cette hypothèse, ferait-on plutôt référence aux Gitans qui habitaient un fief nommé par les gens “La Petite égypte”, dans le Péloponèse grec, une contrée appelée Morée depuis le Xième siècle... des Gitans qu'il était commun de voir porter “des vêtements et des armes de style Sarrasin”, à cette époque (voir Historique de la cartomancie, mentions 1370-1399)..? Ou s'agissait-il plutôt du groupe ethnique des Maures, des berbères arabisés vivant autour de la Méditerranée..? Il faut creuser les recherches.

* NOTE — Les Perses sassanides étaient parfois nommés “Sarrasins” par les européens du Moyen-Age. La Perse a aussi une longue histoire de conquêtes et d'immigration avec les populations de l'Inde, avant même notre ère; et avec la Grèce, aussi. Ainsi, dès l'an -241 avant notre ère, des Indiens immigrèrent en Perse pour y travailler; les mariages entre Perses et Indiens ont donné naissance à un nouveau groupe ethnique: qui s'appelaient eux-mêmes les DOM, terme devenu plus tard Rrom ou Tsigane (source: Gypsies, from the Ganges to the Thames, Par Donald Kenrick, 2004). Cartes de Morée, ou cartes Maures..? Voir texte “Perses sassanides, des Sarrasins” dans la colonne de droite.

Pour les européens médiévaux, le terme“Sarrasins” fait référence aux peuples étrangers, souvent musulmans ou arabes; et/ou au peuple Maure — un peuple comprenant plusieurs nations dont les Perses sassanides —, qui a conquis l'Espagne en 751. Donc, soit à la faveur de divers échanges commerciaux Orient-Occident, soit à la faveur de conquêtes territoriales, soit des deux façons, ces “sarrasins” introduisent leur jeu de cartes avant 1400: soit le jeu des Maures, ou cartes mauresques. Ce jeu, très semblable au jeu des Mamelouks, comprenait 4 suites (coupe, bâton, monnaie, épée) et 2 personnages par suite; soit 48 cartes au total. était-ce le jeu Ganjifeh que les Perses avaient adapté... jeu inspiré du jeu Ganjifa de l'Inde..? Notons que le jeu des Mamelouks, avec les 4 mêmes suites, comprenait un troisième personnage, pour un total de 52 cartes.

Moorish Cards
Cartes à jouer des Maures (Morée?), début du XVe Siècle — Institut Municipal d'Histoire de Barcelone
As de Coupes, As et Deux de Bâtons, As de Deniers, As d'Épées — Source: WOPC

* NOTE — Dans ce jeu des Maures l'on retrouve des cartes numérotées de 1 à 10, mais sans les cartes représentant des personnages de la Cour. Les quatre As illustrent les symboles des suites (enseignes): une coupe ou un gobelet avec une tige, reposant sur un socle triangulaire — les Coupes —; une forme courbe et plutôt ambigüe, qui pourrait être considérée comme étant un bâton recourbé (une enseigne qui devient plus évidente sur la carte du 2 de Bâtons, où l'on voit deux bandes courbes justaposées sans se traverser) — les Bâtons —; un disque simple ou une pièce de monnaie décorée avec des cercles concentriques — les Deniers —; une épée avec poignée, pointant vers le bas — les Épées —.

* NOTE — Maures — Pour plus de détails sur le jeu des Maures (48 cartes) introduit en Europe avant les années 1400, veuillez visiter soit le site de World of Playing Cards (Moorish playing cards / Spain - site en anglais); et/ou le site de Andy's Playing Cards (Moorish Deck / Italy - site en anglais). Plusieurs informations sont présentées sur ces deux sites, de même que plusieurs images de cet ancien jeu de cartes, des naïpes, avec 4 suites: coupes, bâtons, monnaie, épées. Voir également une note sur les cartes des Maures et les cartes des Mamelouks, dans la colonne de gauche. Voir aussi la page faisant état des mentions 1370-1399, dans l'Historique de la Cartomancie et des Cartes à Jouer.

Le jeu de cartes des Mamelouks, des naïbes

Par ailleurs, c'est en 1071 que les Mamelouks envahissent les Arméniens (pays du Caucase à la frontière de l'Europe et de l'Asie) qui se réfugient principalement en Cilicie, un petit pays surnommé “la petite Arménie”; c'est une ancienne province romaine et chrétienne, sise dans la moitié orientale du sud de l'Asie Mineure, en Turquie. Certains fuient leur nouveau pays devant l'incursion des Mamelouks en 1266; ils fuient encore plus massivement devant l'avance Turco-Ottomane et la reddition forcée des derniers bastions chrétiens en Orient: suite à la capture du roi Léon V en 1375, dans sa capitale de Sis, l'ancienne capitale du royaume arménien de Cilicie, de 1186 à 1375. Ces gens seraient alors arrivés en Italie en 1375 — les liens Arménie-Italie remontent à l'époque romaine —, emportant avec leur jeu de naïbis. Notons qu'à l'époque, les européens appellent “sarrasins” ces nouveaux immigrants, car ils arrivent de l'Orient.

De leur côté, les Mamelouks ramènent avec eux ces cartes naïbi en Égypte. Remontant au XIIième et XIIIième siècle, l'on retrouve dans les archives les traces d'un jeu mamelouk dont la forme est semblable aux jeux italiens et espagnols: entre autres puisque le nom des figures — malik (roy), nâib (viceroy), nâib thanî (second viceroy) — réfère au mot italien naibbe ou naibi de même qu'au mot espagnol naipes, qui désignent les cartes à jouer; wet aussi, en raison des suites utilisées (copes, bâtons, deniers, épées).

Cartes Mameluk
Cartes Mameluk XVe Siècle - Tûmân (coupes), Jawkân (bâtons de polo), Dirâhm (deniers), Suyûf (épées) - (Andy's Playing Cards)

L'introduction des cartes à jouer en Europe est souvent attribuée aux Mamelouks d'égypte, ceux d'origine turque; qui étant assimilés, étaient alors de confession musulmane et parlaient arabe.

Tout comme peut-être, elles auraient provenir des “Sarrasins” tel que cité dans la mention de Viterbe (Jeu des Maures, qui proviendrait peut-être de la Morée), il se peut aussi que les cartes de Viterbe soient arrivées d'Arabie saoudite en provenance de la capitale, Médine, par l'entremise du peuple Sarrasin: une appellation générique dit-on, qui désigne habituellement les arabes de confession musulmane et/ou les tribus arabo-berbères (Maures), durant l'époque médiévale en Europe.

Pour mieux connaître le peuple Maure, voir le poème épique et chanson de geste « La chanson de Roland », sur Wikipedia.

* NOTE: Tant le jeu des Mamelouks (52 cartes) que celui des Maures (48 cartes) originent de l'Inde. Ces deux jeux sont très semblables. Et le terme « Na-eeb » en langue Hindouistan signifie un vice-roi, un lieutenant ou son adjoint (député) qui règne sur une contrée, comme un vassal devant allégeance à un souverain. (Source: Facts and speculations on the origin and history of playing cards, publisher: London, Smith (1848), William Andrew Chatto (1799-1864), p. 22)

Et comme les tarots Italiens, Espagnols et Français, la structure de leurs jeux comportait 48 ou 52 cartes, ainsi que quatre suites ou enseignes:
Tûmân (myriades ou coupes, vases) - correspond aux Coupes
Jawkân (bâtons de polo) - correspond aux Bâtons
Darâhim, pl. de Dirahm (pièces de monnaie) - correspond aux Deniers
Suyûf (cimeterres, épées, sabres) - correspond aux Épées

Mentionnons également que le chercheur et auteur de la tradition soufie Idries Shah (1924-1996), dans son livre “Les Soufis”, rappelle que le terme “naïbe” est un mot Arabe signifiant “député” ou “vice-roi”. Et que le jeu de “naïbe” est divisé en 4 sections (les suites), qu'on nomme par le terme Arabe « turuq », qui se traduit par “Les Quatre Voies”. Alors que le terme “turuq” réfère sans contredit au niveau éthymologique, au terme “Tarot”, qui comporte aussi 4 voies, ou 4 suites: Coupes, Bâtons, Deniers et Épées. Alors le jeu des Maures, de même que le jeu des Mamelouks, tant par leur iconographie que par leur structure (quatre suites, présence de cartes numérales, etc) serait donc intimement reliés au jeu de tarots.

* NOTE — Voir note sur les Mamelouks, dans la colonne de droite.

Naïbi, Naïbes, Naibbes, Naipes, Nayps :: Prédiction, bonne aventure, sorcellerie, divination

Cartes Naipes
Cartes à jouer Naipes — éthymologie
Prédiction • Bonne Aventure • Sorcellerie
En cherchant pour vérifier l'éthymologie du mot « naibe » ou ses variantes, terme qui en principe désigne les premiers jeux de cartes introduits en Europe, on fait chou blanc.

Car malgré la croyance populaire, force est d'admettre qu'il n'y a aucune racine latine pour ce mot; ni grecque, ni italienne, ni espagnole, ni française, ni du latin. Ce qui va de soi... puisqu'en fait, ce terme prend source dans les langues arabes et hébreu.

Dans les jeux de l'Inde « Na-eeb », un terme Hindoustan, fait référence à une personne; soit vice-roi, lieutenant ou député qui gère une contrée au sein du système féodal; et ce terme désigne en fait, un personnage: qui est associé comme une figure faisant partie de chacune des suites du jeu de cartes.

Il se peut aussi que les anciens aient voulu désigner la façon de jouer comme tel, par le terme de “naib” * (na-eeb) ou vice-roi; tout comme on parlait à cette époque du jeu des “Quatre Rois” en faisant référence au jeu d'échecs.

Conséquemment, le terme naib ne désigne pas le jeu comme tel, en tant qu'objet physique; ou “feuilles mobiles” de carton ou d'autres matériaux sur lesquels sont peintes images et chiffres. Il s'agit d'un personnage. Précision importante à faire, pour mieux pénétrer le sens et la symbolique des cartes.

* NOTE — NAÏB - À cet effet, un dictionnaire Portugais de Vieyra de l'année 1773, vient à notre rescousse. Ainsi, l'une des interprétations du mot « naipe » est “une Suite de Cartes” (couleur, ou enseigne); et l'expression “Nao tenho nenhuma daquelle naipe”, est traduite par “Je n'en ai pas de cette couleur”.

Par ailleurs, n'en déplaise aux orthodoxes, le sens éthymologique du mot « naïbi », « naibi » ou « naïbes » et ses dérivés (naibbes, nahibi, naibbi, naipes, nayps, nabî ou nabi (arabe), ma'ib (arabe), navi (hébreu), etc), soit la source de son sens profond, réfère tout d'abord aux concepts de « sorcellerie, prédictions, divination, diseur de bonne aventure, prophétie » — Source: Facts and speculations on the origin and history of playing cards, publisher: London, Smith (1848), author: William Andrew Chatto, 1799-1864 — Ainsi que divers dictionnaires étymologiques.

Et qui dit tout ça, dit aussi divination par les cartes à jouer... ou CARTOMANCIE.

Lampe

Dans la langue arabe, on utilise le mot « nabi » pour dire un « diseur de bonne aventure ». Inutile de mentionner qu'attendu la racine éthymologique du terme, longtemps même avant leur introduction en Europe au XIIIième siècle (ou peut-être avant!), les jeux de cartes ne servaient pas qu'à jouer aux cartes pour les jeux de hasard ou comme jeu de société, ou à faire des paris ou du gambling. Ils servaient aussi, depuis leur invention, aux arts de la divination pour tenter de prédire l'avenir: tout comme c'est le cas pour les autres jeux dont ils tirent leur origine, soit notamment les dés à jouer et les dominos.

Symbolisme et correspondance des enseignes — Le mystère des Myriades et des Coupes

Myriades VS Coupes — À l'origine, en Chine, on retrouve dans le jeu chinois de “cartes d'argent” ou “papier-monnaie” — jeu “kun p'ai” —, une suite de cartes nommée “Wan”, ou “Myriades”, qui a le sens de “beaucoup, un grand nombre, une multitude”; et qui est en lien chez les chinois, avec le nombre “10,000” (unités de pièces de monnaie, de perles, de coquillages, etc). Dans le jeu des Mamelouks, on retrouve la suite « Tûmân ». Et dans son sens éthymologique, on découvre que ce terme affiche une relation certaine entre les jeux Arabes et les jeux Chinois. Mais comment faire ce lien? Tout simplement, parce qu'à cette époque, de l'Asie Centrale à l'Extrême-Orient, les langues parlées sont Altaïques; c.à.d. qu'elles appartiennent à un groupe de trois langues: le Turc, le Mongol et le Manchu. Et dans toutes ces langues, le mot utilisé pour dire « 10,000 » (dix mille) est presque identique: tuman, ou tümen, ou toman.

Mamelouk Coupe
Carte Mamelouk
Coupes - Myriades

Mais comment se fait-il que dans les jeux Arabes, l'iconographie de la suite « Tûmân » — qui en soi a le sens de myriades ou dix mille — est-elle représentée par des Calices, ou des Coupes? Certains ont cru que c'était dû à une mauvaise interprétation du signe chinois illustrant la carte; mais cette théorie ne tient pas la route.

Il se peut qu'une partie du chaînon manquant réside dans l'iconographie des jeux de cartes Perses: soit, les cartes « Ganjifa » qui originent de l'Inde. Au VIIIième siècle, le jeu de cartes Hindou « Dasavatara Ganjifa », transmis tant aux Perses qu'aux Mamelouks, comportait 4 suites (plutôt que 8 ou 10 suites dans le jeu Ganjifa original): soit le nain avec la cruche (pot à eau) — suite qui peut s'associer aux Coupes —, la massue (bâton), la pièce de monnaie (ou disque) et le sabre.

Rappelons que les cartes à jouer furent introduites en Europe en suivant le parcours naturel de l'Inde, de la Perse et de l'Arabie; et qu'elles furent apportées en territoire européen peu après les années 1350 par les Maures — un peuple que les européens du temps nommaient souvent “Sarrasins“ — et par les Mamelouks d'Égypte, principalement.

Mais on doit tenir en compte une troisième voie, puisqu'elle constitue la réponse la plus plausible: attendu, d'autant plus, la nature du jeu comme tel; puisqu'il a été démontré que ce jeu avait une utilité divinatoire... ce qui est confirmé par le terme qui les désigne, soit « naibes » (en français), qui fait référence à « nabi »: diseur de bonne aventure, prophète, devin. Une bonne part de la solution de l'énygme se trouverait donc dans des quatrains musulmans du poème “Rubaiyaat”, en parlant de la « Coupe de Jamshid » (Coupe de Jamshed, Jãm-e Jam, Jamshyd's ou Jamshed's cup); quatrains écrits par Omar Khayyam de Nishapur (1048-1123), poète et savant Perse, en l'an 1120.

Une coupe qui permettait la vision divinatoire; et qui révèle le secret des sept cieux... avec ses myriades d'étoiles. Ce qui pourrait bien être la source de la suite des Coupes dans les jeux mauresques et mamelouks, et dans les tarots.

Et pourquoi ce rapprochement entre myriades et coupes? Commençons d'abord par une précision. Au sens éthymologique du terme, rétablissons un fait; car le mot myriade ne prend le sens de “dix mille” qu'au XVième siècle. Auparavant et même encore de nos jours, ce terme avait le sens initial de “beaucoup, un grand nombre, une multitude”... tel le ciel avec sa voûte étoilée comportant des milliards d'étoiles. La Voie lactée est une myriade d'étoiles. Et qui dit cieux, dit dieux. Rappelons le cheminement original. Soit la suite des myriades (Chine), associée un peu plus tard à la suite de la cruche ou du pot à eau (Inde); puis la suite des Coupes, présente tant dans l'iconographie du jeu des Maures que dans celle du jeu des Mamelouks d'Égypte.

Mais pourquoi cette transmutation? C'est qu'un légendaire roi de Perse (Iran), Jamshyd (ou Yima), avait en sa possession une coupe d'or qui était remplie d'un élixir de vie qui donnait d'immortalité. Cette Coupe était aussi utilisée pour la vision divinatoire: puiqu'en se penchant sur elle, on pouvait observer les sept cieux de l'univers, les sept planètes, les sept mers, le passé et l'avenir. Il était dit que le monde entier pouvait être reflété dedans; et que les divinations réalisées grâce à cette Coupe révélaient des vérités profondes. Tout comme le Saint Graal, le Saint Calice, la cruche des noces de Cana ou le chaudron de Gundestrup, que l'on retrouve dans d'autres cultures: soit un contenant — coupe, urne, vase, etc — d'abondance et de connaissance... qui sont alimentés par les dieux. Donc la correspondance se noue, dans le quatrain 248 notamment:

« Than Jamshed's bowl thy cheek, boy, is more fair;   Than Life Etern thy way's Death better were;
To every dust mote of thy foot that lights   My face, ten myriad suns could not compare! »

* NOTE — L'on dit aussi que pour mieux gérer l'administration des affaires, le Roi Jamshid divisa le peuple en 4 groupes: les prêtres, qui s'occupaient de la vénération du dieu Hormozd; les guerriers, qui protégeaient les gens par le pouvoir de leurs armes; les fermiers, qui faisaient pousser le grain nourrissant le peuple; et les artisans, qui produisaient des biens pour faciliter la vie des gens.

* NOTE — Les Bâtons de Polo — Quant aux bâtons de polo qu'on retrouve sur l'une des quatre suites du jeu de cartes des Mamelouks (Mamluk card decks, Mulûk Wa-Nuwwâb), ils font référence au sport équestre originaire de l'Asie centrale, qui était joué partout dans le sud de l'Asie, de l'Arabie au Japon, depuis bien avant l'an 1000. Certains auteurs disent même que ces bâtons, si présents dans la vie de ces peuples, aient pû être associés à eux; et peu-être même même qu'ils représentaient leurs armoiries. Toutefois, bien que très largement connu en Orient, ce jeu était inconnu des Européens au XIVième siècle; les cartiers eutopéens ont donc remplacé ces bâtons de polo par d'autres styles de bâtons (massue, bâton, tige de bambou, lance, etc).


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