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Origine des enseignes des tarots :: Coupes, Bâtons, Deniers, Épées
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ABC CARTOMANCIE • L'origine des enseignes des tarots
Le symbole est à la source des enseignes du jeu de tarots...
Originant tout d'abord d'un symbole, qui réfère lui-même à un concept, l'imagerie des jeux de cartes semble avoir une racine commune, un symbolisme universel qui se traduit en coupes, bâtons, deniers, épées. Ceci, tant dans les cartes d'argent des Chinois (kun p'ai), que dans les cartes des Hindous de l'Inde, que les naïbes des peuples Maures ou Mamelouks, ou que dans les tarots Italiens, Français, Espagnols, Allemands ou Suisses.
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“ÉCU” — Monnaie d'échange (argent), armoiries, bouclier

En soi, le terme “écu“ porte trois sens: bouclier en bois ou en cuir, porté par les hommes d'armes et les cheva­liers au Moyen âge; armoi­ries (ex: d'un Roi, d'un pays, d'une grande famille); monnaie d'or ou d'argent créée en France sous le règne de Saint Louis de France (1226-1270), portant sur sa face l'écu (armoiries) de France: monnaie d'ailleurs frappée en différents pays.
Pour plus de détails, lire ICI...

En français, depuis le Moyen Age, le mot “écu” a trois sens: bouclier; armoiries; monnaie ou devise d'un pays. Il y a un lien qui sert de dénominateur commun, puisque leurs définitions respectives se rejoignent dans le concept de protec­tion, sécurité et aussi distinction (dans le sens d'identification ou d'appar­tenance à un clan; comme par exemple, les armoiries du Roi de France pour les Français).

Au 13e siècle, le mot ÉCU porte surtout le sens de bouclier, et d'armoiries, en latin médiéval. Les choses changent au 13e siècle, car le terme ÉCU adopte aussi le sens de monnaie sous le règne de Louis IX de France, qui règne de 1226 à 1270; puisqu'il fait frapper une nouvelle monnaie: l'écu. Source: CNRTL.

Incarnant le troisième sens du terme écu, depuis le 13e siècle, la monnaie nommée ÉCU — le denier d'or à l'écu — est créée en l'an 1263 lorsque que le Roi Louis IX de France la fait frapper pour qu'elle devienne la devise monétaire du pays.

À l'origine, cet écu d'or est orné d'un motif d'écu (bou­clier et/ou armoiries). Cette nouvelle monnaie valait à l'époque 3 livres; et devint l'étalon de référence, soit l'écu de France. L'écu en or a été frappé pendant long­temps par différents Rois de France ou étrangers ainsi que par des seigneurs, des évêques, des papes, des princes et des nobles, etc. Tandis que sur l'avers des écus, on retrouvait habituel­lement le blason de tel ou tel pays où la monnaie était frappée.



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Les Cartes Maures, un Mystère

Un aura de mystère entoure encore de nos jours le jeu de cartes des Maures, particulièrement quant à son origine et quant à son introduction en Occident. Les questions foisonnent, mais demeurent souvent sans réponses.

Une hypothèse sérieuse peut être émise, cependant, en prenant acte de faits et connaissances empiriques: pour tenter de rassembler le puzzle.

Ainsi, il semble évident que le jeu de cartes des Maures fut inspiré du jeu d'échecs des Indiens. Qui aurait pu amener sur le continent européen, ce concept..? Plusieurs peuples, sans doute, dont les Perses; mais aussi et pourquoi pas, les Tsiganes..? Car malgré la rareté des documents historiques au sujet de cette nation, il est avéré que ce peuple origine de l'Inde; et qu'il a dû migrer par vagues successives, vers l'Empire byzantin, les Balkans, le Péloponèse (Grèce) et l'Europe, depuis l'an 1,000 environ.

Puis les Tsiganes - gitans, bohémiens, etc - ont toujours été réputés diseurs de bonne aventure... et cartomanciens. Serait-il possible que les cartes “Sarrasines” de Viterbe en Italie (1379) soient des cartes Tsiganes..? Ceci puisque les Tsiganes sont été souvent désignés comme étant des Sarrasins (voir Historique Cartomancie & Cartes à Jouer, mentions 1370-1399).

De plus, plusieurs Tsiganes vivaient dans la “Petite Egypte”, région située dans l'archipel du Péloponnèse et qui se désignait comme étant la principauté de Morée ou d'Achaïe (1205-1430). Le jeu de cartes des Maures, pourrait-il être le jeu de cartes de Morée..? Une hypothèse à creuser.



L'origine des enseignes :: Coupes, Bâtons, Deniers, Épées

Peu importe le peuple ou les époques, le symbolisme des cartes à jouer semble converger autour de quatre axes principaux: les Coupes, les Bâtons, Les Deniers et les Épées. Ces symboles réfèrent aux conditions inhérentes à la vie humaine, immuables dans le temps; étant partie de l'essence même de la vie.

Les Emblèmes Traditionnels des Jeux de Tarots, un Symbolisme Conventionné Universel

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CARTES À JOUER

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De toutes cultures et civilisations, le symbolisme des jeux de cartes se répète ou s'affiche de façon similaire; et s'appuie sur une convention tacite qui semble universelle. Un sens original s'associe à chaque enseigne ou emblème. Il en va ainsi pour les Coupes (amour, sentiments, bonheur); les Bâtons (affaires, initiatives, voyages, mouvement); les Deniers (argent, patrimoine, propriétés); et les épées (actions, luttes, batailles, difficultés).

Les enseignes, des archétypes, parlent aussi de structures sociales. Ceux qui guérissent et qui enseignent, se retrouvent dans les coupes; ceux qui produisent et qui fabriquent, sont réunis sous l'emblème des bâtons; ceux qui vendent et qui font circuler l'argent, adhèrent au cercle des deniers; puis ceux qui défendent et qui gouvernent, se contentrent dans les épées.

Examinons alors la richesse du symbolisme des différents jeux de cartes en provenance de plusieurs civilisations: portant une attention particulière sur leurs convergences et similitudes, et même sur leurs différences.


Enseignes — Cartes d'argent “kun p'ai” de Chine (VIIIe au Xe Siècle)


QIAN - Sapèque (pièce de monnaie chinoise, percée au milieu)
TIAO - Cordes, ou cordons de 1000 pièces de monnaie enfilées
WAN - Myriades ou multitude, 10,000 pièces de monnaie
QIAN WAN - Des dizaines de myriades, mille fois 10,000 cordons

Cartes d'argent
Jeu chinois Cartes d'Argent - Monnaie, bâtons & figures

Les similitudes entre antiques cartes chinoises et cartes européennes sont semble-t-il nombreuses, mais les explications sont nébuleuses. Pour détails, voir le dossier “Chinese Origin Of Playing Cards” de W.H. Wilkinson (The American Anthropologist, Volume VIII, January 1895, P. 61-78), sur le site de l'Université de Waterloo.


Enseignes — Cartes des Hindous de l'Inde (VIIIe Siècle)


Une épée ou un sabre • Une petite cloche (un grelot ou clochette à faucon)
Une pièce de monnaie • Une balle d'ivoire • Un talisman • Une pagode • Une harpe

Jetons donc un oeil sur les cartes à jouer en Inde au XIième siècle. En ces temps anciens, en plus du jeu d'échecs qui semble être à la base des jeux de cartes — le jeu “Quatre Rois”, une traduction littérale du mot sanscrit “Chatur-Anga” (rajahs ou rois) qui étaient à la tête de 4 armées de soldats, tout comme pour les 4 suites de nos jeux modernes —, l'Inde avait également ses cartes à jouer. Celles-ci ont aussi été introduites en sol européen. Une particularité, néanmoins: à l'origine, ces cartes à jouer étaient présentées dans un format rectangulaire; mais bientôt, on adopte un nouveau design et elles devinrent rondes. Leur jeu de cartes était généralement divisé en huit ou dix suites, composées d'un Roi, d'un Vizir — pas de dame ni de chevalier — et de 10 cartes numérales. Et chacune de ces suites ayant son enseigne ou emblème.

En fouillant un tant soit peu l'histoire des cartes à jouer, on prend note que sous une forme simplifiée, le jeu Hindou “Dasavatara Ganjifa“, lui-même tirant son origine des cartes chinoises, fut transmis aux Perses (présents en Inde depuis la conquête territoriale du IIIe siècle) dès son invention. Par l'entremise de migrations et d'émigrations successives (voir page historique des jeux de cartes en Inde), les Perses sassanides (de la Perse pré-Islamique, c.à.d. avant la conquêtre arabo-islamique de 651), nommés “Sarrasins” au Moyen-Age par les européens, importent leurs jeux d'échecs et de cartes.

Le jeu de cartes Hindou fut aussi transmis aux turcs Mamelouks d'Égypte vers le XIième siècle, en Inde. L'on y retrouvait à cette époque quatre enseignes (emblèmes, ou suites) soit la cruche, la pièce de monnaie (ou le disque), le sabre et la massue. Puisque c'est documenté, on admet aussi que vers la fin des années 1300, les turcs Mamelouks d'Égypte ont introduit leur style de cartes en Europe.


Enseignes — Cartes (naïbes) des Maures (XIIIe et XIVe Siècle)


Les Coupes • Les Bâtons • Les Deniers • Les Épées

Moorish Cards

Cartes à jouer des Maures (naïbes), début du XVe Siècle — Institut Municipal d'Histoire de Barcelone
As de Coupes, As et Deux de Bâtons, As de Deniers, As d'Épées — Source: WOPC

Fait avéré, le jeu de cartes des Maures est directement relié aux jeux déjà présents en Inde au Moyen-Age; et notamment au jeu d'échecs “Chaturanga”, inventé vers le Vième siècle de notre ère, sur lequel se basent les jeux de cartes Indiens. Ce jeu d'échecs aurait été apporté de l'Inde par les Perses sassanines — ceux que les européens nommaient les Sarrasins —. Après l'avoir adapté à leurs us et coutumes, ils le nomment “Shatranj” et au Moyen-Age, l'introduisent en Europe par le biais d'échanges commerciaux. C'est à partir des compagnies et des stratagèmes de guerre, et en se basant sur les personnages du jeu d'échecs, que le jeu de cartes s'est développé. Les historiens Breitkopf et Chatto l'on d'ailleurs longuement détaillé. Par ailleurs, les cartes Maures ne seraient-elle pas les fameuses “cartes sarrasines”, ces naïbes qui furent introduits en Europe, et en Italie particulièrement, dès le XIIIième siècle..? Les similitudes avec les jeux de tarots Italiens, sont plus que frappantes. Et particulièrement au niveau de l'iconologie des suites: coupes, bâtons, deniers, épées.
* NOTE — voir note sur les “cartes Maures” dans la colonne de gauche.


Enseignes — Cartes (naïbes) des Mamelouks d'Égypte (XIVe Siècle)


Les Coupes (tasses ou vases) • Les Bâtons (bâtons de polo OU bâtons avec une pointe de fer)
Les écus (pièces de monnaie ou boucliers) • Les Sabres courbés ou Épées

Puis, examinons de plus près le jeu de cartes égyptiennes des Mamelouks — un jeu de naïbis —, aussi nommé “Mulûk Wa-Nuwwâb” (rois et vice-rois). À cette époque, ce jeu se composait de 52 cartes soit quatre “suites” de 13 cartes chacunes, tout comme c'est le cas pour les cartes à jouer modernes. Et chacune de ces “suites”, ayant chacune son enseigne ou emblème distinctif, avait dix cartes numérotées de 1 à 10 plus trois cartes de la Cour soit Roi (malik), Vice-Roi ou Roi adjoint (naïb malik) et second Vice-Roi ou second Sous-adjoint (na'ib thani). Les quatre enseignes (emblèmes) qui illustrent ce jeu de tarot représentent l'armement sarrasin utilisé par ces armées lors des croisades: coupe, maillet (bâton) de polo ou flèche, pièce de monnaie ou bouclier (écu *), cimeterre (sabre oriental).
* NOTE — voir note sur le terme “écu” dans la colonne de droite.


Scrutons maintenant les cartes européennes des XIV, XV et XVIième siècle — des jeux de tarot et/ou naibes — et particulièrement celles d'Italie, d'Espagne, de France (avant le jeu de piquet), d'Allemagne et de Suisse.

Enseignes — Cartes de Tarot — Italie — (XIVe au XVIe Siècle)


Les Coupes • Les Bâtons • Les Deniers • Les Épées

Cartes Italiennes
Enseignes antiques des cartes Italiennes — Coupe, Bâton (As et Deux), Denier, Épée
Source des images: WOPC — Cartes du Nord de l'Itlalie (peut-être Venise) datées de 1462

Diverses preuves documentaires suggèrent que le jeu de cartes s'est tout d'abord établi en Italie en 1376, pour se propager rapidement vers le Nord à travers les Alpes autour du Haut-Rhin, atteignant les régions de l'Allemagne et de la Suisse; puis ensuite vers l'Ouest en France et en Espagne. Dès leur introduction en sol européen à la fin du XIVième siècle, la composition — ex: le nombre de cartes dans un jeu — et l'iconographie (design) des jeux de cartes a varié avec le temps et en fonction des paramètres régionaux. Mais la caractéris­tique d'avoir à la fois des cartes numérotées réparties dans des suites sous une enseigne donnée, et des cartes représentant les personnages de la Cour, furent constantes.

Il est intéressant de noter que, héritage des jeux de carte des Maures et des Mamelouks, les premiers jeux de cartes (tarots) créés en Europe comportaient 56 cartes (arcanes mineurs) réparties dans 4 suites de 14 cartes (1 au 10 plus valet, cavalier, dame, roi); auxquels les Italiens ont ajouté les 21 Triomphes (Arcanes majeurs) plus l'Arcane sans nom (Le Fou). Ce qui réfère aussi aux dés à jouer: car n'oublions pas que lorsque les européens ont découvert les cartes, ces jeux étaient considérés comme un jeu de hasard, qui a remplaé presque complètement les dés à jouer. Et lorsqu'on joue aux dés avec trois dés, il y a cinquante-six lancers possibles; tandis qu'avec deux dés, il y en a vingt-et-un.

Ainsi, les jeux italiens d'origine comportent 56 cartes, dont quatre types de cartes pour les personnages de la Cour (roi, reine, chevalier et valet). Ces cartes se répartissent sous quatre enseignes (emblèmes, ou couleurs): soit Coupes, Bâtons, Deniers (pièces de monnaie) et Épées. Suite à la capacité de produire en série grâce aux pochoirs (donc à moindre coût), la demande ayant augmenté rapidement, tout naturellement les Cavaliers ont été retirés des cartes de la Cour pour amener la composition d'un jeu standard à cinquante-deux cartes.

Enseignes — Cartes de Tarot — Espagne — (XIVe au XVIe Siècle)


Les Coupes • Les Bâtons • Les Deniers • Les Épées

Puis en Espagne, à mesure que les espagnols adoptent les jeux de cartes, les cartiers font choix de remplacer les Reines par des Chevaliers montés à cheval (caballeros).

Enseignes — Cartes de Tarot — Allemagne — (XIVe au XVIe Siècle)


Les Coeurs • Les Grelots • Les Feuilles • Les Glands

Du côté des Allemands, on enlève les Reines des jeux de cartes et l'on renomme les personnages de la Cour en King (roi), Obermann (membre senior d'une organisation, un supérieur) et Untermann (homme de rang inférieur). Les Allemands ont aussi modifié les costumes et remplacé les anciennes enseignes italiennes et françaises (coupes, bâtons, deniers, épées) par des cœurs, des cloches (grelots), des feuilles et des glands. Ces enseignes prévalent encore de nos jours dans les régions de l'Est et du Sud de l'Allemagne.

Enseignes — Cartes de Tarot — France — (XIVe au XVIe Siècle)


Les Coupes • Les Bâtons • Les Deniers • Les Épées

Les Français apportent d'autres modifications régionales aux jeux allemands (voir ci-dessus), tels le retrait du Obermann et la ré-introduction de la Reine.

Enseignes Françaises — Cartes à Jouer — France — - Depuis 1499, sous Charles VII


Coeurs [coupes] — Carreaux [bâtons] — Trèfles [deniers] — Piques [épées]

C'est sous le règne de Charles VII de France au milieu du XVe siècle, que les Français révolutionnent le monde des cartes à jouer. Notamment, en simplifiant les illustrations représentant les séries (suites), pour faciliter le travail d'impression à plus grande échelle. Ces nouvelles “enseignes françaises”, créées dit-on vers 1425 et avérées en 1499, seront bientôt adoptées par tous les pays du monde, et deviendront la norme pour les jeux de cartes ordinaires un peu partout.

Toutefois, détail fort important en cartomancie, le symbolisme auparavant rattaché aux enseignes des jeux de tarots, conserve toute sa signification. Ainsi, pour les Coeurs / Coupes (amour, sentiments, bonheur); les Carreaux / Bâtons (affaires, initiatives, voyages, mouvement); les Trèfles / Deniers (patrimoine, propriétés, argent); les Piques / Épées (actions, luttes, batailles, difficultés).

Enseignes — Cartes de Tarot — Suisse — (XIVe au XVIe Siècle)


Les Roses • Les Grelots • Les Boucliers • Les Glands

Cartes Suisses
Enseignes antiques des cartes Suisses — Fleurs (roses), Grelots (clochettes), Boucliers, Glands
Source des images: WOPC — Cartes (reproduction d'un jeu créé à Bâle vers 1530) par AGMüller (1998)

En Suisse, les enseignes sont représentées par des fleurs (des roses), des clochettes à faucons (grelots), des boucliers et des glands. Ci-dessus, voir les enseignes d'un jeu Suisse fabriqué à Bâle, vers 1530.

Enseignes — Cartes à jouer • Royaume-Uni & États-Unis d'Amérique — (XIVe au XVIe Siècle)


Coeurs (hearts) • Trèfles (clubs) • Carreaux (diamonds) • Piques (spades)
Hearts [coupes] — Clubs [bâtons] — Diamonds [deniers] — Spades [épées]

Partons maintenant à la découverte des jeux de cartes de type Anglo-Saxon des pays tels l'Angleterre et les États-Unis d'Amérique. Pour ce qui a trait à l'Angleterre (Royaume-Uni), il y a peu à dire; sinon qu'ils ont rapidement adopté le modèle des cartes françaises avec les enseignes Coeur, Carreau, Trèfle et Pique. à cette différence près, qu'avec l'iconographie française des Carreaux, ils y associent la suite des Diamants — avec le sens d'argent, de richesse, etc —; alors que pour les Trèfles, qu'ils nomment d'ailleurs “Clubs” ou bâton, ils y associent le sens d'entreprise, voyages, etc. C'est la même dynamique pour les cartes américaines.

Alors, concentrons-nous plutôt sur les cartes introduites aux états-Unis d'Amérique (USA). Donc, les cartes à jouer furent introduites en Amérique par les Espagnols, au temps des Conquêtes. Un fait avéré, puisqu'au cours du XXième siècle, on a retrouvé chez les Indiens du sud-ouest américain, des cartes en peau de daim avec le dessin d'un navire très similaire aux anciennes cartes espagnoles du XVIième siècle. De plus, plusieurs des cartes utilisées par les Indiens partageaient avec les cartes espagnoles, les mêmes termes pour désigner les cartes de la Cour et les suites. Une légende raconte aussi que lors d'une expédition de Christophe Colomb les marins, supersticieux, ont jeté par-dessus bord leurs jeux de cartes pour arrêter les tempêtes et le mauvais temps dans les mers dangereuses. Quand ils arrivèrent enfin dans le Nouveau Monde, ils ont créé de nouvelles cartes avec des feuilles d'arbres.

En outre, les colons européens ont apporté avec eux des cartes à jouer qu'ils possédaient déjà sur les vieux continents: tels les Anglais en Virginie, les Espagnols en Floride et les Hollandais à la Nouvelle-Amsterdam. Les cartes ont aussi envahi Nouvelle-Angleterre puritaine, tel qu'il est inscrit dans un rapport de colonie de 1633 à Plymouth; disant que des personnes ont reçu des amendes pour les cartes à jouer. Puis en 1656, Pilgrims a promulgué une Loi qui met à l'amende des adultes pour avoir joué aux cartes; même les enfants sont soumis au fouet en public pour une deuxième infraction. De plus, soulignons que pour les étudiants de l'Université de Harvard, la plus forte amende qui puisse leur être imposée n'est pas celle pour se battre ou pour boire; mais celle qu'on impose si l'on se fait prendre à jouer aux cartes.

L'inversion du symbolisme Carreau / Bâtons • et • Trèfle / Deniers, chez les Anglo-Saxons

Par ailleurs, l'inversion qui s'est produite au niveau des suites de Carreau et de Trèfle, a peu d'incidence pour les jeux de poker ou autres. Néanmoins, lorsqu'on parle cartomancie, c'est différent: attendu que depuis près de 1,000 ans, une convention quasi universelle donne le sens de “argent, richesse, confort” aux suites dont l'iconographie représente des pièces de monnaie. Par exemple la suite des “Ping” (gâteau rond) qui représente les sapèques (pièces de monnaie) de Chine; les pièces de monnaie des jeux ganjifa de l'Inde; les Darâhim ou deniers des jeux Mamelouks et Arabes; les deniers des jeux de tarot italiens, espagnols et français; etc. Et puisque dans l'iconographie simplifiée des cartes françaises, la suite des Trèfles représente les pièces de monnaie — tels les divers deniers avec trilobe frappés par les rois et seigneurs d'Europe —, les anglo-saxons semblent avoir fourvoyé: puisque leurs “CLUBS” — qui sont des bâtons — se retrouvent dans la suite des Trèfles... qui sont associés aux Deniers, qui représentent l'argent, et qui règle générale et de ce fait, devraient en véhiculer le sens. Toutefois, cette façon de voir ne fait pas concensus. Mais... cherchez l'erreur..!

Notes supplémentaires à propos des enseignes et de leur symbolisme

Cartomancie

Dès le début, même en adaptant les jeux de cartes aux couleurs de leurs régions respectives — personnages, costumes, etc —, les pays de l'Europe du Sud dont l'Espagne, l'Italie et la France ont conservé les emblèmes d'origine des jeux de cartes introduits surtout par les Mamelouks d'Égypte et les Maures (naibes) — jeux qui sont d'origine Hindoue — et probablement aussi par les Arabes et les Perses; soit la coupe, le bâton, le denier et l'épée.

Notons aussi que vers et avant les années 1400, la Perse, l'Inde et l'Arabie avaient aussi leurs naibes; jeux qu'ils ont aussi introduit en Europe. Ces jeux avaient 48 cartes réparties en quatre divisions de l'armée, qui avaient chacune leur enseigne: une coupe à boisson, un gourdin (bâton), une bourse de deniers et une épée. Huit soldats numérotés et trois naïbis (officiers) différents, sans dame, occupaient ces suites.

Toutefois en Allemagne, de même qu'en Suisse, les emblèmes ont été changés à quelques reprises (oiseaux, feuilles, quadrupèdes, etc). Cependant, en Allemagne, leur jeu traditionnel s'affiche maintenant aux couleurs des cœurs,grelots, feuilles et glands; alors qu'en Suisse, nous avons fleurs (roses), grelots, boucliers et glands.

Des anciennes cartes ayant migré en sol européen, on remarque que dans les tarots de l'Europe méridionale, l'épée et le denier sont des emblèmes communs aux jeux provenant tant de l'Inde (hindous), que de l'égypte (mamelouks), que de l'Arabie ou que de la Perse. On note aussi la présence du grelot de l'Inde tant dans les tarots que dans les cartes modernes de l'Allemagne (le grelot est un emblème oriental — Asie, Inde, Arabie — qui réfère à la grandeur, au luxe, à l'opulence, à ce qui est noble, aux dignitaires). Tandis que l'épée (ou sabre, ou cimeterre), le bâton (ou massue, ou gourdin, ou bâton de polo, ou flèche) et le denier (ou la pièce de monnaie, ou la bourse de deniers, ou le talisman, ou le bouclier) font partie des emblèmes tant du jeu de cartes mamelouk, que des autres jeux.


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