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La France, les cartes françaises et le jeu de piquet de Charles VII ABC Arts Divinatoires & Mancies | Guide Divination & Voyance |
| UNICORNE.COM • Le Portail des Arts Divinatoires | • CARTES A JOUER FRANCAISES et JEU de PIQUET • | Québec, Canada • Mercredi 19 Juin 2013 - 1:49 AM |

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Riches d'un parcours épique s'étant échelonné sur quelques siècles, s'étoffant au passage de diverses cultures, l'Histoire des cartes françaises s'avère être moins compliquée qu'il n'y paraît. Trois Rois de France y ont signé leur histoire, sur une période de cent ans.
Ainsi sous Charles V le Sage (règne de 1364 à 1380), on découvre et fait connaissance avec les jeux naïbes de l'Orient; et avec les tarots qui proviennent d'Espagne et d'Italie.
Sous Charles VI le Fol (règne de 1380 à 1422), se départissant du Cavalier, on ajoute la Reine aux côtés de son Roi, dans le jeu de cartes créé pour le Roi et peint par Gringonneur en 1392. C'est la première figure féminine à s'afficher sur les jeux de cartes, en fait.
Et sous Charles VII le Victorieux (règne de 1422 à 1461) on imagine et l'on crée les vraies cartes françaises, avec leurs enseignes de coeur, carreau, trèfle et pique. Fabriquées vers 1425 dit-on *, il est avéré qu'elles existent en 1499, et peut-être avant. Les personnages orientaux font place à la chevalerie française et les costumes qui y sont peints sont ceux du règne de Charles VII. Ce sont les cartes du jeu de piquet — une simplification des éléments anciens, constitué de 32 cartes; soit 7, 8, 9, 10, Valet, Dame, Roi et As dans 4 suites —, des cartes modernes, aux enseignes françaises. Archétype des jeux de cartes, elles sont de nos jours internationalement utilisées pour le bridge, le poker, les casinos, etc.
Déjà documenté depuis 1392 sous le règne de Charles VI, la cartomancie continue son expansion. Malgré les interdits d'usage, l'opprobre religieuse et sociale, l'Inquisition qui fait rage et qui envoie au bûcher cartomanciens et sorciers réputés. Alors les choses se font en secret, jusqu'au temps de la Révolution française de 1789. D'où l'appellation populaire de “sciences occultes”, pour désigner les Arts divinatoires.

Jeu Louis XV édité au XIXàme (1890) par J.-P. Grimaud — © France-Cartes
Soulignons que le jeu de tarots divinatoire découle du jeu de cartes à jouer, selon Playing-Cards.us notamment. En fait, aux jeux de cartes en cours — les naibis —, entre 1411 et 1425 les Italiens auraient ajouté 4 cartes de la Cour soit les Cavaliers; ainsi que 22 Triomphes, une cinquième série qu'on désigne sous l'appellation d'arcanes majeurs. Le jeu de tarots (78 cartes), qui inclut le Tarot (22 arcanes majeurs), serait donc apparu dans la première moitié du XVe siècle en Europe. Cependant le Tarot divinatoire comme tel ne serait apparu que vers la fin du XVIIIième siècle, suite aux travaux de Antoine Court de Gébelin sur le Tarot de Marseille. A cet effet, un chapitre est inclus dans son essai Le Monde primitif, analysé et comparé avec le monde moderne, publié en 1781. C'est ce texte de Gébelin qui a popularisé la fonction divinatoire du jeu de tarots.
Donc à l'aube de la Renaissance, parmi les cartomanciens réputés et célèbres suivant l'époque médiévale, soulignons l'apport d'un perruquier dénommé Jean-Baptiste Alliette, fortement inspiré des travaux de Gébelin. Alliette vivait à Paris en 1783 et en cette ère de renouveau, par simple fantaisie, il renversa l'ordre des lettres de son nom pour en faire Etteilla.
Versé dans la cartomancie, Etteilla fit des recherches dans les manuscrits anciens — qu'il a traduits suivant ses vues personnelles — et il a, dit-on, retrouvé une partie des connaissances des Bohémiens, qui savaient lire les Tarots de Thot. Et à la manière des Bohémiens, en excluant les quatre Cavaliers, il utilisait les cinquante-deux cartes basses du jeu de Tarot — les arcanes mineurs —; dont les cartes de Coupes, Bâtons, Deniers et Épées qui ont été remplacées dans les cartes modernes d'un jeu de piquet ordinaire par les Coeurs, Carreaux, Trèfles et Piques. Etteilla est d'ailleurs l'auteur de nombreux ouvrages, dont Manière de se récréer avec le jeu de cartes nommé Tarots (1781).

Mentionnons aussi l'apport de Mlle Marie-Anne Adelaïde Le Normand (1772-1843) — la cartomancienne attitrée de l'Empereur Napoléon, surnommée la Sybille de la Révolution et de l'Empire, ou la Sybille des Salons —, qui conçut un jeu divinatoire de 54 cartes; un jeu de tarots nouveau mais tout-à-fait fictif, ne reposant sur aucune symbolique antérieure et de ce fait, un peu confus; un jeu duquel elle disait elle-même: « Mon tarot distaira les oisifs et les incrédules ». Ce jeu de tarots porte d'ailleurs son nom: le jeu de Mademoiselle LeNormand.
Néanmoins et en dépit de la faveur populaire, l'Église condamne longtemps les cartes en chaire, ou de toute autre façon: tout en les accusant d'être une invention du diable, menaçant même d'excommunion, de damnation et d'opprobre sociale ceux et celles qui les utiliseraient.
Cette attitude se perpétua jusqu'au mitan du XXe siècle, soit suite à un nouvel engouement pour les Tarots — travaux de Papus (Dr Gérard Encausse), Éliphas Lévi (prêtre catholique nommé Alphonse Louis Constant), Oswald Wirth (occultiste suisse, secrétaire de Stanislas de Gaïta), Paul Marteau, etc — où la cartomancie — divination par les cartes ou par les Tarots — fut peu à peu réhabilitée et à nouveau usitée. Et sont enfin réhabilités les pythonnisses, sybilles et devins qui connaissent l'Art de prédire l'avenir.
Ainsi, pour les jeux de cartes traditionnels contemporains et depuis l'an 1440 en France, les Bâtons devinrent des Carreaux, correspondant à l'élément Feu et au printemps; les Coupes devinrent des Coeurs, associés à l'élément Eau et à l'été; les Épées sont devenues des Piques et correspondent à l'élément Air et à l'automne; tandis que les Deniers réfèrent aux Trèfles, associés à l'élément Terre et à l'hiver.
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