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Au feu les jeux, les gens, les sorcières et sorciers, les hérétiques
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L'argent et le pouvoir sont souvent le nerf de la guerre...
C'est sans doute pourquoi, pendant près de 300 ans, l'Inquisiton du clergé envoie au bûcher des milliers de personnes et brûle des tonnes de jeux, de bouquins, de peintures, de bijoux, d'oeuvres d'Art, etc. Tout ce qui était considéré frivole, immoral ou licencieux aux yeux de l'Église. Leurs ouailles ne devaient ni se distraire, ni dépenser leur argent en frivolités, ni contester l'ordre établi..!
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Sorcellerie, Sorciers et Sortilèges

Qu'entend au juste l'Église catholoque par la notion de sorcellerie? Une incursion dans le dictionnaire de thélogie nous en donne un bon aperçu. Voici donc quelques bribes en citation, tirées de cet ouvrage...

« Sorcellerie, Sorciers et Sortilèges — Ces termes signifient ordinairement la même chose que Magie et Magicien; mais le nom de Sorcier se prend dans trois sens différens. L'on entend par là:

i.° Ceux qui devinent les choses cachées, qui découvrent les auteurs d'un vol, ou les trésors enfouis, qui se vantent de connaître l'avenir, etc., et alors ce terme est synonyme à celui de Devin.

2.° Ceux qui opèrent des choses surprenantes et qui paraissent surnaturelles, dans le dessein de faire du mal, comme d'exciter des orages, de causer des maladies aux hommes ou aux animaux, par des paroles, par des cérémonies, par des pratiques superstitieuses. Dans ce sens, la sorcellerie est la même chose que la Magie noire et malfaisante; un sort, un surtilège signifient un maléfice.

3.° Le peuple entend par Sorciers ceux qui ont le pouvoir de se transporter dans les airs pendant la nuit pour aller dans des lieux écartés adorer le Diable, et se livrer aux excès de l'intempérance et de l'impudicité.

On sait que cette erreur n'a aucun fondement, que le prétendu Sabbat des Sorciers est l'effet d'un délire et d'un dérèglement de l'imagination causé par certaines drogues des quelles se servent les malheureux qui veulent se procurer ce délire. Ce fait est prouvé par des expériences irrécusables. (...) Parmi tous les faits rassemblés par les divers Auteurs qui ont écrit sur ce sujet, il n'y en a aucun de bien avéré, et qui prouve qu'il y a eu un pacte réel et effectif entre le Démon et les prétendus Sorciers. »



Même en sachant la vérité, on conduit les gens au bûcher

Même dans les temps médiévaux de l'Église, les ecclésiastiques savaient que malgré ce qui en était dit, ceux qu'on appelait Sorciers ne faisaient pas commerce avec le diable. Tel que cité, du dictionnaire de thélogie: « Plusieurs auteurs ecclésiastiques ont très bien compris que le Sabbat des Sorciers n'est qu'un délire de l'imagination ».

« À la vérité il n'y a aucune notion du Sabbat chez les anciens Pères de l'Eglise (...). Dans les décrets des Conciles qui ont défendu sous peine d'anathème la divination par les sorts, les sortilèges ou maléfices, etc., il n'y en a point qui regarda les prétendus Sorciers qui vont, ou qui croient aller au Sabbat (...). Ces décrets condamnent tout pacte avec le Démon, mais il est évident qu'il faut entendre tout pacte réel ou imaginaire, puisque la volonté seule de le former est un crime ».

Malgré ceci, le Père Spée (Jésuite Allemand) a accom­pagné au supplice un grand nombre de gens condamnés comme Sorciers. Il avouait « qu'il n'en avait pas trouvé un seul duquel il eût lieu de croire qu'il était véritablement Sorcier ». Mais il n'a pas conclu que ces malheureux avaient été injustement punis. « S'ils n'avaient point fait de pacte avec le Démon, ils avaient eu du moins la volonté de le faire, ils avaient commis dans ce dessein des profanations et des sacrilèges, leur dessein n'avait pas été de faire du bien, mais de faire du mal; il est de l'intérêt public de purger la société de pareils monstres. »



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Interdits religieux de l'Église Catholi­que face au jeu et aux cartes à jouer

Jetons maintenant un coup d'oeil particulier sur les po­sitions de l'Église (catholi­que romaine, surtout) quant aux pratiques ludiques en géné­ral et au jeu en particulier, dans l'Europe du XIVième au XVIIième siècle.

Pour légitimer ses interdits de jeu, l'Église s'asseoit sur un motif avoué, un principe de base en apparence ver­tueux: l'usage modéré des passions; qui hors de con­trô­le, peuvent mener tout droit en enfer. Mais outre ceci, aux yeux des auto­rités religieuses le jeu était plu­tôt vu comme étant un élé­ment rattaché à une culture populaire considé­rée païen­ne et du fait, rebelle: car affi­chant une résistance aux pouvoirs en place (i.e., le pouvoir religieux).

Donc pour l'Église, le jeu en soi introduit un désordre dans l'idéologie et la morale communautaire que souhai­te imposer l'ordre religieux. À l'aube de la Renaissance, nostalgique d'un passé révo­lu, l'Église aurait aimé que perdure l'époque des cloî­tres prévalant du XIe au XIIe siècle: où assujettie à sa Mère l'Église, la communauté vivait à l'écart dans la peur et dans la crainte, une vie de labeur et de travail par­ta­gé; dont le bénéfice re­ve­nait à la communauté ré­gie par les prélats religieux.

À cet effet, une anecdote. En l'an 1412, le moine Augus­tin propose que « toute personne non noble qui ne se consacre pas au métier du labourd sera chassée de la communauté ». Dixit.Source: citation rapportée par Johan Huizinga, Histo­rien hollandais du Moyen Âge et de la Renaissance — Huizinga J. (1967), Le déclin du Moyen Âge, Payot, Paris, p. 62.

* NOTE — Johan Huizinga a aussi écrit « Homo ludens - Essai sur la fonction sociale du jeu (1938) ». Homo Ludens est un terme créé par Huizinga pour décrire ce qu'est un hom­me par une fonction propre à notre société: soit l'acte de jouer. Selon lui, le jeu se définit comme étant une fuite de la vie “réelle” en opposition avec la société utilitariste. Donc histo­riquement (excluant sans doute notre ère contemporaine, post-industrielle), l'Homo-Ludens se situe surtout dans la classe « possédante oisive », soit dans les couches supérieures de la société.

Les jeux contrarient la mis­sion évangélisatrice que se don­ne l'Église catholique. Lorsque pratiqués dans la populace, l'Église considère qu'il s'agit d'une contesta­tion de l'ordre établi. D'où les interdits de jeu, les amendes, les châtiments corporels et les bannisse­ments imposés aux contre­venants: qu'il s'agisse de jouer « aux dés, ad talos, aux cartes, ad cartam, au trictrac, ad trinquetum, à la paume, ad palmam », ou autres. (Merlet L. (1890), Archives du Chapitre de Chartres, antérieures à 1790 (Visites Pastorales, série C817, 1380-1434). Garnier, Chartres.)

Et notamment parce que les jeux s'opposent « au modèle doloriste dominé par la crainte de la damnation » (Vovelle M. (1982), Idéologies et Menta­li­tés, F. Maspéro, Paris, p. 129) que veut imposer la hiérarchie catholique.



Des jeux, des intérêts financiers, des religions et d'Inquisition

L'Histoire de l'Europe au cours du Bas Moyen-Age et de la Pré-Renaissance, nous remémore que l'usage des cartes à jouer, sous l'influence des Croisades et de l'Inquisition, en vient même à être taxé d'hérésie par les ecclésiastiques — un crime global perpétré contre Dieu, les princes et la société; et perturbateur de l'ordre social — car à leurs yeux, ils sont considérés comme contraires aux dogmes de la Sainte Église.

Lorsque pratiqués par le petit peuple les jeux dérangent l'ordre social. Alors on les interdit.

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Au feu les jeux, les gens, les sorciers, les hérétiques

Cartomancie - Le Mat du Tarot, sur le bûcher

C'est donc par milliers que divers jeux — dont des jeux de naïbes, de tarots et de cartes à jouer — et divers objets alors considérés futiles ou impurs sont dévorés par les flammes sur les bûchers qui poussent comme des champignons sur le territoire de cette Europe toute prête à imploser, à cheval entre Moyen-Äge et Renaissance. Tel bien sûr, le célèbre “Bûcher des Vanités” (1497).

Mais sur quoi se base-t-on pour en arriver à un tel constat? Jetons-y un oeil en y regardant de plus près d'un point de vue historique; mais avec une vision sociologique des événements, surtout.

Donc, puisque telle est leur fonction, les jeux amusent et distraient les populations; c'est la base même de leur raison d'être. Et aux yeux des hautes classes sociales, pendant que la populace s'amuse ou qu'elle dépense son argent en jeux ou en paris divers, ces roturiers ne travaillent pas; ils ne consacrent pas leur temps à l'enrichissement de leurs bourgeois; non plus en dévotions, en bénévolat imposé, ou à servir les causes ennoblies par le clergé telles les croisades faites au nom de l'évangélisation; ils n'endossent pas le style de vie strict, rigoureux et austère imposé à leurs ouailles par les prélats; ils ouvrent les portes aux tentations et aux occasions de péché et de débauche, puisqu'on joue souvent dans les tavernes et les auberges: des lieux dits “malfamés” et peu recommandables, qui sont parfois la scène de quelque bataille; et même que d'aucuns dilapident leurs avoirs au lieu d'en faire profiter l'Église — ou leurs familles, dans certains cas —.

Rappelons-nous l'ordonnance du Roi Charles VI de France du 22 janvier 1397, qui fait défense aux “gens de métier et au petit peuple” de jouer à divers jeux — sauf le dimanche — car ils gaspillent ainsi leur temps et leurs biens; ceci sous la menace royale d'une amende arbitraire — dont les dénonciateurs tireront une part de profit — ou d'une peine de prison. Inutile de mentionner qu'à l'époque, Roi et Clergé étaient comme cul et chemise... ils s'entendaient à merveille et se fréquentaient souvent!

La tireuse de cartes
“An Elegant Company Playing Cards 1652”, Gerbrand van den Eeckhout (1652) — © Private collection

Gardons cependant en mémoire qu'en même temps et qu'à la même époque, du côté des têtes couronnées, des nobles ou des bourgeois, l'usage des jeux était permis par l'Église et le Roi, voire bien vu et même presque encouragé: puisqu'à maintes reprises il est cité que des membres du clergé y participaient avec plaisir et bon gré.

À la lumière de ces faits, force est de constater que l'Église endossait, encouragait, ravivait et nourrissait le système féodal de l'époque: où les Seigneurs et biens nantis avaient quasi pouvoir de vie ou de mort sur leurs serviles, considérés ni plus ni moins que comme un troupeau de bêtes de somme au service de leurs “protecteurs” qui bien que fort oisifs et futiles, vivaient sur le bras des classes dites “inférieures” dans un luxe outrancier.

Mais tout ça se passait avant la Révolution Française de 1789 qui marque la fin de l'Ancien Régime; met fin à la royauté, à la société d'ordres et aux privilèges; et crée la la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. :0)

Une bonne part de la trame de fond de cette supercherie, de cet acharnement à défendre et à combattre le jeu, de la mise en place cette abomination nommée Inquisition *, s'explique donc ainsi: l'Église catholique romaine ne voulait à aucun prix perdre les privilèges féodaux et financiers qu'elle avait elle-même institués ou contribué à mettre en place et consolider, au nom de la Très-Sainte religion catholique; al contrario, celle-ci mettait tout en oeuvre pour maintenir ces privilèges, les asseoir et les développer.

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L'interdiction de jeu, au service des pouvoirs dominants

Établissons maintenant un autre lien, fort dense, entre interdiction de jeu et religion dominante.

Tel qu'il est clairement établi par l'Histoire qui s'appuie sur des documents avérés, les guerres et batailles qui ont trait entre peuples depuis que le monde est monde, s'appuient souvent sur deux motivations d'importance: qui ont comme objectif de consolider ou d'augmenter le pouvoir — et qui dit pouvoir, dit richesse et ses plaisirs —; soit, les conquêtes territoriales et religieuses qui comme on l'a vu, sont intimement liées.

CroixPar la force des armes, les Rois s'accaparent de nouveaux territoires par l'invasion et la conquête de nouveaux pays ou de nouvelles contrées; juste à se rappeler les colonies d'Angleterre, de France ou d'Espagne, par exemple. Et alors que pour asseoir son pouvoir (que d'aucuns qualifient de spirituel), par la force de persuasion — appuyée en cela par son statut d'autorité “morale” et même souvent, soutenue concrètement par le pouvoir exécutif du Roi —, l'Église s'évertue à conquérir et à convertir des âmes — et surtout, des pans entiers de “fidèles”, troupeau du berger, voués corps et âme à la cause — sous le motif avoué de l'évangélisation... qui permettrait aux convertis dit-on, de se soustraire à la damnation éternelle — et bien sûr aux affres de l'enfer — et d'accéder éventuellement au Royaume des Cieux où tout n'est que Béatitude. Et l'on ne peut impunément prêcher contre la vertu... :0)

Mais comme pour le reste, c'est souvent aussi deux poids, deux mesures... lorsqu'il est question de vertus. C'est la règle du “Fais ce que je dis, et non pas ce que je fais moi-même”. Dans son Histoire de l'Église portant sur “La vie religieuse et morale à la fin du Moyen-Âge (1294-1450)”, la Bibliothèque chrétienne “Regard” relate quelques faits édifiants. Ainsi en parlant des actions futiles et décevantes et des “ridicules attractions” aux­quel­les les fidèles étaient conviés à participer — tels pèlerinages, vénération de reliques, culte des saints, etc —, on les qualifie de “piété artificielle”. Sans compter l'institution des indulgences, où les bien nantis offraient de l'argent à l'Église, pour expier leurs inconduites et obtenir le pardon de leurs fautes. (Pour plus de détails, voir sur Publius Historicus, “La Réforme: L'irruption du protestantisme”.)

Et l'auteur de souligner: « Le monopole de vente fut exercé par les évêques et surtout par le Saint-Siège ». La moralité des nobles, en particulier, était « un mélange attristant de dévotion et d'inconduite » et surtout dans le contexte cité: « les Églises et les centres de pèlerinage étaient devenus des lieux de rendez-vous », de tous les vices. Et d'ajouter: « Le clergé, à part de nobles exceptions, avait lui aussi une moralité relâchée, triste fruit d'un célibat contre nature. Elle était aggravée par la nomination de hauts dignitaires issus d'une aristocratie frivole, corrompus par la scandaleuse coutume du cumul (des bénéfices) ». Tel, par exemple « Jean de Lorraine, détenteur de neuf évêchés, trois archevêchés et neuf abbayes ». Croix

Laissons parler l'encyclopédie populaire Wikipedia sur le “Bénéfice ecclésiastique” et sur le “Bénéfice (Moyen âge)”: « Au IXe siècle, le nom de bénéfice avait fait place à celui de fief (...) le nom de bénéfice s'appliqua encore aux fonds de terre et aux revenus affectés à certaines charges ou dignités ecclésiastiques (...) et ils se sont conservés en France jusqu'à la Révolution française ». Puis dans les couvents (allemands notamment) « la moralité était relâchée. Ceux de nonnes étaient assez souvent visités par les nobles, et dans l'un d'eux les religieuses dansèrent pour distraire leur visiteur ». Luther souligne aussi « la cupidité des moines, qui sont davantage soucieux de préserver une existence oisive et opulente que de se préoccuper des misères et du sort des âmes de leurs ouailles ». Puis en 1414, l'université d'Oxford déplore « les désordres non déguisés du clergé »; alors qu'un peu plus tard l'humaniste Colet s'emporte contre « la grande multitude des prêtres courant du lieu de débauche à l'autel du Christ ». Et la liste pourrait s'allonger...

* NOTE SUR A FÉODALITÉ — Pour de plus amples détails sur la féodalité dans l'Europe médiévale, lire quelques textes de CLIO portant sur le Haut Moyen Age, dont Seigneurie et féodalité au XIe siècle ainsi que Seigneurs et paysans au XIe siècle.

Bien sûr, les roturiers — les pauvres, les travailleurs, le petit peuple — n'ont pas droit au même traitement. En conséquence, l'arrivée des jeux « paiens » en territoire européen, jeux de cartes qui provenaient des contrées Orientales (Inde, Perse, Égypte, Arabie, etc) de diverses confessions religieuses (judaïsme, hindouisme, islamis­me, etc), étaient une menace; et mettait en place un risque élevé de compétition pour le pouvoir tant pour le Roi — risque présumé de conquête territoriale, fut-elle simplement symbolique — que pour la Papauté et le Clergé — risque présumé de conversions de leurs fidèles, au profit d'autres religions —.

On assiste donc à de réelles secousses sismiques dans le pouvoir en place — qui est déjà chancelant, faut-il le souligner —, établi de concert par le Roi et les Ecclésiastiques. D'où la réaction disproportionnée et la contre-attaque virulente et concertée Royaume-Église, aboutissant aux nombreux édits, ordonnances, arrêts, décrets, sermons et réquisitoires interdisant le jeu — et les contacts avec ces “paiens” — de par toute l'Europe. Mais surtout aboutissant à la sombre période de l'Inquisition, qui a duré près de cinq cent ans et qui a déchiré et affaibli l'Europe entière. Cette époque douloureuse et fanatique où des milliers de gens innocents, hommes et femmes, ont injustement péri sur le bûcher, au nom de la religion catholique romaine; et où des milliers de trésors inestimables — oeuvres d'Art, peintures, sculptures, jeux divers, vêtements richement ornés ou jugés impudiques, etc — furent anéantis à jamais par les flammes.

Née d'un faux zèle pour la religion, l'Inquisition fut maintenue et encouragée par un fanatisme aveugle et sanguinaire. Violant les lois les plus chères aux hommes, elle a dépeuplé des villes entières, fait couler des flots de sang, anéanti les lettres, les arts et même l'agriculture, partout où elle a pu étendre son souffle mortifère. Les historiens et chercheurs contemporains estiment même entre 50 000 et 100 000 le nombre de victimes de la Chasse aux Sorcières, du XVième au XVIIIième siècle; un chiffre très élevé en proportion de la population européenne de l'époque. Mais d'autres sources, tel l'historien espagnol Juan Antonio Llorente (1756-1823) disent aussi que dans l'espace de trois siècles, plus de 300 000 personnes furent immolées sur les bûchers de l'Inquisition. De même leurs jeux, objets et écrits “dangereux” — cartomancie, plantes médicinales, etc — ont connu le même sort, conséquence d'un dogmatisme fanatique. Le feu efface tant de choses, tant de traces..!

Puis même si l'on peut y mettre quelques bémols... Le fameux “Da Vinci Code‹ Dan Brown, Da Vinci Code, mai 2005, édition de poche, pp 326-327 › nous informe que (...) « L'Église appelait sorcières toutes les femmes érudites et mystiques, les prêtresses, les bohémiennes, les amoureuses de la nature, les herboristes, ainsi que toutes celles “qui montraient un intérêt suspect pour le monde naturel”. Les sages-femmes étaient également poursuivies et mises à mort pour l'utilisation hérétique de leurs connaissances à des fins de soulagement des douleurs de l'enfantement. Après tout, ces souffrances, arguait le Vatican, n'étaient que le juste châtiment d'Eve, qui en consommant le fruit de la connaissance du bien et du mal avait perpétré le péché originel. En trois cents ans de chasse aux sorcières, cinq millions de femmes furent ainsi brûlées sur le bûcher par l'Église ».

* NOTE SUR L'INQUISITION — Un aparté de Wikipedia :: « En mars 2000, l'Église catholique a offert sa repentance officielle contre, notamment, les excès de l'Inquisition, et a lancé en 1998 une étude sur l'Inquisition qui a donné lieu à la publication d'un document de 800 pages recensant les dommages causés par celle-ci et dans lequel Jean-Paul II manifestait le repentir de l'Église romaine (voir détails et références dans Chronologie Période contemporaine). » — Un article de Wikipedia sur le sujet (Inquisition — Repentance de l'Église catholique) est aussi disponible.

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Les sorcières au bûcher... l'ultime réponse de l'Église pendant près de 300 ans

Dans l'Europe médiévale, on brûle des sorcières de façon sporadique depuis 1450. Et soutenus par cette ère de démonisation à tout crin, c'est en 1486 que Jacques Sprenger et Heinrich Kramer (Henri Institoris) ont écrit le manuel « Malleus Maleficarum »; aussi appelé “Le Marteau des Sorcières”. Ce traité codifiait les charges, les procédures d'interrogatoire et les moyens de résolutions judiciaires pour les procès de sorcellerie: qui ont d'ailleurs été sanctionnés au cours d'une période d'environ trois siècles.

La chasse aux sorcières s'accentue au jour du 5 décembre 1484 lorsque le pape Innocent VIII publie un édit: « Summis desiderantes affectibus ». Dans ce papier, il confirme l'existence des sorcières; et allègue que beaucoup d'hommes et de femmes sont de connivence avec le diable. Tous les chrétiens étaient invités à apporter leur aide et leur soutien aux moines dominicains Jacob Sprenger et Heinrich Kramer, que le pape avait placés en charge de la lutte visant combattre les personnes qui, étant en liaison avec Satan, provoquent des maladies, la peste, des attaques contre les récoltes ou le bétail, ou qui perpètrent d'autres crimes odieux.

En fait, en cette obscure période du Moyen-Age, en association avec les arts divinatoires, on voyait le diable partout en Europe. Pour illustrer le contexte, laissons donc parler un chroniqueur de l'époque, qui relate l'épisode d'une épidémie de démonomanie dans un couvent. « Vers la fin du même siècle (1491) une épidémie de démonomanie divinatoire effraya pendant plus de quatre ans le diocèse de Cambrai; des religieuses furent transformées en harpies et en prophétesses du diable. Cela commenca vers la fete de la chaire de Saint-Pierre (Janvier) et dura plus de cinquantc mois. On pouvait voir, dit un chroniqueur de 1'époque, les malheureuses courir à travers champs comme les chiens, voler comme les oiseaux, grimper aux arbres, imiter les cris de divers animaux, découvrir des secrets et prophétiser. Elles furent exorcisées par 1'archevêque de Cambrai et le doyen de 1'Église métropolitaine; on écrivit leurs noms sur des morceaux de papiers, et ces noms envoyés à Rome furent lus par le pape Alexandre VI au moment de la consécration; rien n y fit. Enfin on mit en prison, où elle mourut, une nommée Jeanne Potier qui avait, disait-on, communiqué le mal à toute la communauté; l'épidemie disparut peu de temps après. L'Eglise n'exorcisa pas toujours les religieuses saisies de l'enthousiasme prophétique; elle conserva parfois leurs visions, de sorte qu'elle a ses livres sibyllins qui complètent l'enseignement des docteurs. Sainte Thérèse, sainte Brigitte, sainte Angèle, sainte Catherine de Sienne, ont conversé avec leur divin époux. »

Sorcières au bûcher
“Sorcières au bûcher”
Inquisition Espagnole en Italie, XVIIe siècle

En 1517, Martin Luther (théologien et réformateur protes­tant allemand, contre les abus de l'Église) a fait paraître ses thèses sur la nécessaire Réforme de l'Église. Il s'agissait d'un mouvement de contestation à l'intérieur de l'Eglise, ayant conduit à la Réforme protestante: qui aboutit plus tard à une scission entre l'Église catholique et les Églises protestantes. La controverse entre protestants et catholiques augmente: chaque partie croyant que l'autre partie était inspirée par le diable. S'ensuit une guerre de religions — dans toute l'Europe, mais en France surtout —, qui culmine le 24 août 1572 par le massacre de la Saint-Barthélemy où des milliers de protestants trouvent la mort.

Et en même temps, la fréquence des condamnations au bûcher s'accroît. L'ère de la chasse aux sorcières culmine à l'époque de la Guerre de Trente Ans, de 1618 à 1648, qui a fait a fait près de 20 millions de morts en Europe. Et on exporte la tradition du bûcher dans les colonies... notamment aux États-Unis (dont la ville de Salem, au Massachusetts). Mais puisque les archives de l'Église sur les procès de sorcellerie restent fermés, même aux chercheurs, l'on ne peut que faire des estimations du nombre de victimes de ce gynécide. Les condamnations au bûcher pour sorcellerie n'ont cessé qu'au moment de la Révolution américaine (1776) et de la Révolution française (1789), qui ont confirmé la séparation des pouvoirs laïques et ecclésiastiques.
* Source principale: Ethical Canons and Scientific Inquiry — Witchcraft trials

Finalement, à qui a profité le plus cette chasse aux sorcières?

D'autant plus qu'on se réservait le droit de confisquer les biens des gens condamnés...

Il faut d'abord savoir que les procès de sorcellerie furent maintenus en raison d'avantages matériels certains: d'une part, puisqu'on pouvait procéder à la la confiscation des biens des personnes condamnées. En outre, les élites au pouvoir ont aussi toléré ces procès et condamnations, parce que l'horreur générale suscitée par les bûchers où des gens étaient brûlés vifs, s'est avéré être l'un des outils les plus efficaces pour se maintenir au pouvoir; plus encore que la peur des guerres, ou que les guerres elles-mêmes. Une excellente stratégie qui consistait à surprendre la population avec un “spectaculaire étalage de la force”, où l'on démontrait les réper­cus­sions de toute forme de désobéissance au clergé et la noblesse; ce qui contribue à adoucir la résistance des gens face aux réformes drastiques ou impopulaires.

Puis un troisième élément de taille y trouve son intérêt: la fondation de l'économie capitaliste, stimulée de plus par les colonies. En même temps en Europe, on dépossédait les paysans de leurs petits lopins de terre, pour s'en accaparer, et prospérer. Les paysans devenaient vagabonds — au risque d'atterrir sur le bûcher — ou pour survivre, devaient se résigner à constituer une main d'oeuvre prolétaire, servile et bon marché pour la nouvelle économie. Et les femmes n'avaient plus maintenant que deux choix: la soumission, ou le bûcher.
* Sources principales: Patriarchal Terror and the Creation of Capitalism; et aussi, Caliban and the witch.

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