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Mentions des Jeux de cartes inscrites entre les années 1400 et 1500
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ABC CARTOMANCIE • Cartes | Mentions 1400 à 1500
Naipes, tarots et cartes à jouer prennent leur place...
Malgré les tentatives concertées du clergé et des rois pour enrayer la popularité des jeux de cartes et restreindre leur utilisation, ceux-ci se multiplient et s'imposent partout... La période comprise entre les années 1400 et 1500 est fort difficile, car les jeux de cartes en particulier sont démonisés. On fait brûler vifs des gens sur les bûchers de l'Inquisition.
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Les Cartes à Jouer Françaises

Riches d'un parcours épique s'étant échelonné sur quel­ques siècles, s'étoffant au passage de diverses cultu­res, l'Histoire des Cartes Françaises est moins compli­quée qu'il n'y paraît.

Trois Rois de France y ont signé leur histoire, sur une période de cent ans.

Armoiries France
Armoiries de France, sous les règnes de Charles V, Charles VI, Charles VII (1364 à 1461)
Source: Wikipedia

Ainsi sous Charles V le Sage (règne de 1364 à 1380), on découvre et fait connaissan­ce avec les jeux naïbes de l'Orient; et avec les tarots qui proviennent d'Espagne et d'Italie.

Puis sous Charles VI le Fol (règne de 1380 à 1422), se départissant du Cavalier, on ajoute la Reine aux côtés de son Roi, dans le jeu de car­tes commandé pour le Roi et peint par Gringonneur en 1392. C'est la première figu­re féminine à s'afficher sur les jeux de cartes, en fait.

Et sous Charles VII le Victo­rieux (règne de 1422 à 1461) on imagine et l'on crée les vraies cartes françaises, avec leurs enseignes parti­culières (coeurs, carreaux, trèfles, piques). Il semble qu'on ait commencé à les fabriquer dès 1425, mais très certainement vers 1440; et elles existent en 1499, c'est un fait avéré. Les personnages orientaux font place à la chevalerie française et les costumes qui y sont peints sont ceux du ràgne de Charles VII. Ce sont les cartes du jeu de piquet — une simplification des éléments anciens, constitué de 32 cartes; soit 7, 8, 9, 10, Valet, Dame, Roi et As dans 4 suites —, des cartes modernes, aux enseignes françaises. Archétype des jeux de cartes, elles sont internationalement utilisées pour le bridge, le poker, les casinos, etc.


Ces jeux de cartes ont été adoptés par les plus grandes nations du monde. Et c'est le fruit de ce travail créatif qui s'est accompli dans la France du XVe siècle.



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Le Piquet de Charles VII, un jeu simplifié

Tout d'abord, rappelons que le premier jeu de cartes créé à saveur Française fut celui de Charles VI, un jeu de tarots peint en 1392 par Gringonneur. Il dénote cependant une particula­ri­té, puisqu'on y ajoute la Reine, en remplacement du Cavalier; une innovation, pour l'époque.

Puis vers les années 1400 en France, la légende raconte que le premier chevalier du Roi Charles VII, un dénommé Vignoles Etienne dit La Hire, invente un jeu plus simple et plus pratique. Pour ce, on simplifie les enseignes en remplaçant les coupes, bâtons, deniers et épées, par les coeurs, carreaux, trèfles et piques. Du jeu de 52 cartes on ne garde que l'As, 7, 8, 9, 10, Valet, Reine, Roi et ce qui donne un nouveau jeu de 32 cartes: le jeu de piquet.

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Roi de Carreau sous Charles VII de France (représenté par Coursube, un Roi Sarrasin) — Vers 1425


Il fut dit que ce jeu a été fabriqué vers 1425, ou vers 1440. On y fait référence en 1499 dans l'estampe du “Revers du jeu des Suysses”. On trouve aussi ce nouveau jeu en version de 52 cartes.
Lire la suite ICI et ICI...



Cartomancie & Cartes à Jouer (1400-1500), en Occident

Pendant que sur tout le territoire européen, rage de tous ses feux l'Inquisition... la popularisation du jeu de cartes poursuit sa fulgurante lancée. Au mépris des interdictions, et même si c'est parfois à fort prix.

Malgré la controverse et l'ire du clergé, les cartes à jouer s'implantent en Europe

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CARTOMANCIE &
CARTES À JOUER

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Cartes à jouer: jeux d'argent, jeux de devins, jeux de vilains

Dans l'Europe du XVe siècle, les jeux de cartes sont introduites un peu partout sur le territoire. Et notons aussi qu'à cette époque, les cartes étaient beaucoup utilisées pour les jeux d'argent et les paris (gambling). C'est ainsi que vers l'an 1400, le futur Sultan Mamelouk d'Égypte, al-Malik al-Mu'ayyad, est réputé avoir gagné une grosse somme d'argent lors d'une partie de cartes.

En 1401 à Barcelone, apparaît dans l'inventaire des biens du marchand Miquel Ça Pila un “joch de nayps grans, pintats à daurats tots, ab cubertes negres”. Et puis signe des temps, en 1402 dans un registre de la ville de Ulm (Allemagne), est mentionné pour la première fois le terme “cartier” ou fabricant de cartes (kartenmacher), en tant que profession. Un peu plus tard, soit le 30 juin 1403, le roi d'Aragon Martin l'humaniste, lors de son séjour au château de Jérica (Espagne, région de Valence), demande à Raimundo de Sentmenat de lui envoyer “un joch de nayps”.

Mais sur la question des cartes à jouer, on avance en même temps qu'on recule. Ainsi en l'an 1404 en France, lors du Synode de Langres — une assemblée délibérative d'évêques —, il est dit que « les cartes ont été sur la liste des jeux interdits. Et les prédicateurs n'ont pas hésité à adopter des positions très sévères sur ce sujet ». Pour l'occasion, on défend aussi aux ecclésiastiques notamment les jeux de dés, de trictrac et de cartes.

Puis en 1408 à Orléans (France), on souligne une mention importante pour le monde des cartes à jouer et des tarots. C'est que Valentine Visconti, princesse italienne et duchesse d'Orléans de par son mariage avec le Roi Louis de France, décède le 4 décembre 1408 à Blois. Dans l'inventaire de ses biens établi par son fils, il est mentionné “un jeu de cartes sarrasin”, ainsi que “des cartes de Lombardie” (une province d'Italie), en ces termes: « ung jeu de quartes sarrasines and unes quartes de Lombardie ». Tout comme pour la mention de Viterbe en 1379 relative à l'introduction d'un jeu de cartes nommé naïbes, on souligne la présence d'un jeu de cartes sarrasin. Notons aussi qu'on utilise ici le terme “quartes” et non plus le terme “naïbes”. On prend note également que la famille Visconti est devenue l'un des plus gros fabricants de jeu de tarots italiens de l'époque, créant notamment le Tarot de Visconti.

C'est aussi le 24 juin 1410 que la ville de Valence (Espagne) réitère son interdiction de jouer aux “nayps”. Et la même année, suite au décès de son mari, le tanneur Lorenzo Lledo, parmi les biens qui reviennent à la veuve, est listé un jeu de cartes: “Item unumludum nayporum”. Puis à Barcelone (Espagne) en 1414, on mentionne la présence de multiples inventaires qui réfèrent aux cartes mauresques (des Maures, ou Moorish cards); entre autres: « j joch de nayps moreschs » et « j joch de nahyps moreschs », deux mentions signifiant « 1 paquet de cartes à jouer mauresques ».

Mentionnons aussi vers l'an 1417 quelques mentions quant à l'arrivée des bohémiens, ou gitans, en territoire européen (arrivée en 1417 en Allemagne, puis en 1427 en France). C'était un peuple nomade originaire de l'Inde, et disait-on à l'époque, arrivé en Italie via la Perse (Iran), l'Arabie et l'Égypte. Ce peuple avait en main des cartes à jouer, étant réputés pour dire la Bonne Aventure et prédire l'avenir grâce à la cartomancie. Ces cartes provenaient-elles de l'Inde, des pays Arabes, ou du fameux livre de Thot, dieu égyptien — le Tarot — qui tirait son origine du Savoir de l'Atlantide, dit-on..? Nul ne semble pouvoir le confirmer.

* NOTE — Soulignons toutefois que la présence du peuple Tsigane, originaire surtout du Nord-Ouest de l'Inde, fut attestée par divers documents, dès les années 850 de notre ère dans l'Empire byzantin (Grèce, Turquie, Perse). Leur présence est évidente aussi dans l'archipel du Péloponèse grec (île de Paxos, annexée à l'île de Corfou), une région appelée Morée depuis le Xe siècle; alors territoire conquis tantôt par les Vénitiens (Italie) puis en 1205, par les Francs (de la France): alors que Geoffroi Ier de Villehardouin y fonde dès 1248 la principauté de Morée ou d'Archaïe, territoire français en Grèce. Des communautés de Tsiganes, habitant déjà la Grèce depuis des décennies, vinrent s'installer dès les années 1332 dans un fief gitan indépendant appelé le “fief de Abitabulo” ou “Feudum Acinganorum”, populairement nommé “La Petite égypte” et devenu stable et prospère. Ils arrivent donc en ce nouveau territoire français, sous l'invitation de Catherine de Valois-Courtenay, alors Impératrice titulaire de Constantinople et Princesse consort d'Achaïe — la principauté d'Achaïe, nommée aussi principauté de Morée —. De là les tsiganes (ou gitans) font du commerce notamment avec les Italiens de Venise; ainsi qu'avec des pèlerins qui par voie de mer, entament un pèlerinage à Saint-Jean-de-Compostelle.

En l'an 1422 à Florence (Italie), on retrouve l'une des premières mentions ayant trait aux cartes à jouer. Il est dit que Iacobo di Bartolomeo Sagramoro, un peintre, a été payé pour la réparation de quatre jeux de cartes (repeindre le dos des cartes en rouge) et pour fabriquer 13 cartes de remplacement à partir de zéro. Cinq d'entre elles sont des cartes avec des figures et huit avec des enseignes.

Puis en 1423 à Florence et à Ferrare (Italie), on a la mention d'un jeu princier. Ainsi, la marquise Parisina Malatesta, seconde épouse de Niccolò III d'Este, Marquis de Ferrare, a ordonné que le peintre florentin Giovanni dalla Gabella soit payé la coquette somme de quarante ducats d'or pour la fabrication d'un paquet de cartes précieuses, orné d'or, de brésil — la couleur rouge extraite du bois brésil — et de bleu ultramarine fin — le bleu de la pierre précieuse “lapis lazuli” —, très onéreux. La même année, elle commande à ce peintre de Florence un jeu supplémentaire, soit « un paquet de cartes Imperatori VIII fait à l'or fin », au coût de sept florins. C'est ici la première mention du jeu de “Imperatori”; ce qui suggère que tant les cartes, qu'une nouvelle façon de jouer, avaient été importées de Florence à Ferrare.

Dès 1423, les cartes sont considérées « objets du démon » par un moine

Puis un autre tournant extrêmement important survient dans l'historique de la carte à jouer, qui en marquera toute l'Histoire. C'est donc le 5 mai 1423 que le moine franciscain Saint Bernardin de Sienne, pratiquant la règle stricte, prononce à Bologne (Italie) un sermon enflammé... “Quae esse jubeo charticellas seu naibos” ou plus communément “Contra alearum ludos”. Il semble en fait que la ville de Bologne au début du XVième siècle, ait été un endroit où les jeux de hasard florissaient. Et en ce 5e Jour de Mai de l'An de Grâce 1423, pendant le Carême, Bernardin de Sienne décide de prêcher du haut des marches de l'église de San Petronio, en fustigeant contre les vices du jeu en général et des cartes à jouer en particulier: faisant référence notamment à un paquet de 56 cartes, qui comprenait les reines. Le prêcheur franciscain s'est alors mis en tête de convaincre les joueurs de brûler leurs jeux de cartes, après avoir décrit les cartes à jouer comme “une invention du diable dans lequel ses différentes figures ont été peintes, comme ils le sont dans les bréviaires du Christ, et dont les chiffres montrent les mystères du mal”. Pour l'occasion, un “Bûcher des Vanités” a d'ailleurs suivi le sermon.

Toujours dans le cadre de son fameux discours de 1423 à Barcelone — et ce ne sera pas le premier! —, parlant du symbolisme des cartes à jouer, le prêcheur Saint Bernardin de Sienne martèle haut et fort que que les cartes à jouer sont des « instruments du mal mis entre les mains du démon »; leur donnant littéralement un caractère démoniaque. Selon son interprétation, les “Coupes” représentent l'ivrognerie et la gourmandise; les “Bâtons” sont associés à la bêtise et à la brutalité; les “Deniers” incarnent la cupidité; tandis que les “Épées” font référence à la guerre et à la haine. Alors en élaborant sur ce thème dans ses sermons, il raconte entre autres que le démon intervient dans la vie des joueurs et qu'il les enivre en leur tendant un breuvage amer (Coupes); il roue leurs âmes de coups de bâtons (Bâtons); il donne aux joueurs l'envie de voler et de prendre le bien d'autrui (Deniers); et transperce leurs corps de coups d'épées mortels (Épées).

Et c'est ainsi que selon les discours du franciscain, les cartes à jouer déclarent tantôt les vices dont les joueurs sont affublés, et tantôt les châtiments qui leur sont réservés. Ne soyons pas naïfs... ce bon et pieux franciscain maintient cette ligne de pensée jusqu'à sa mort en 1444. Il ira jusqu'à faire brûler vifs des gens sur les bûchers de l'Inquisition. Et alors que ses interprétations morales quant aux “jeux de cartes dits démoniaques” auront des disciples, lui survivront, et serviront de modèle au Clergé. Elles continueront d'ailleurs à être exprimées encore longtemps et de diverses façons — sermons, prêches, écrivains, chroniqueurs, croisades, dénonciations, mises à mort au bûcher, etc —; soit jusqu'à la fin du XVIIième siècle.

Malgré tout, l'amour du jeu et l'utilisation des jeux de cartes pour se divertir se porte bien dans les hautes classes de la société; ce sont des “nobles” et selon l'Église, il leur est permis de s'autoriser ce petit plaisir. Donc en décembre 1428, la reine María, épouse d'Alphonse le Magnanime (Roi d'Aragon, de Valence, de Sardaigne, de Majorque, de Sicile et de Naples), fait demande à son trésorier de payer la somme de 265 sols (sous) à un artiste valencien, Miguel de Alcanyis, de même qu'aux fils du peintre Bartolomé Prez « per deboixar, pintar e acabadar hun joch de naips e per II mans de paper que en aquell intraren »; soit “pour dessiner, peindre et faire à la main un jeu de naibes et pour 2 mains de papier qui entrent dans leur fabrication”. Puis le 6 juillet 1436, elle écrit au marchand barcelonais Miquel de Roda, pour le remercier de lui avoir envoyé un très beau jeu de cartes: « lo caxonet del nayps que'ns havets tramesos molt bells »; soit “la petite caisse de naipes que vous nous avez envoyé est très belle”.

Puis au mois d'avril 1429 à Paris, suivant l'example de Saint Bernardin de Sienne, le frère Richard, l'un de ses émules, fait un sermon enflammé et en conséquence, on allume plus de 100 feux dans les rues de Paris. On y brûla publiquement “tables et tabliers, cartes, billes et billards, nurelis et toutes choses, à quoy on se pouvait courcer et maugréer à jeux convoiteux”. Mention citée dans “Le journal d'un bourgeois de Paris”, sous le règne de Charles VII.

À Stuttgart (Allemagne) vers 1430, on voit apparaître les premiers jeux de cartes “Thème de Chasse”, avec des animaux et des oiseaux comme symboles pour les enseignes (emblèmes) du jeu. À partir du milieu du XVième siècle, on trouve en Allemagne des jeux légèrement engravés de cuivre, avec des animaux, des oiseaux et des fleurs en guise d'enseignes. C'est la tradition des jeux Virgil Solis (1544) et Caitlin Geofroy (1557) qui débute, avec des cartes de Tarots, et liés au thème de la chasse.

En 1439 à Barcelone (Espagne), on trouve un inventaire qui fait référence aux cartes mauresques: « x jochs de naips moreschs » et « iij altres jochs de naips plans petits ». Après traduction, ce qui donne “10 paquets de cartes à jouer mauresques” et “3 autres paquets de petites cartes à jouer”.

Quelques notes sur l'arrivée du Tarot, puisque l'année 1440 est la date limite supérieure pour l'invention de ce jeu: attendu que le paquet de tarots le plus ancien qui fut retrouvé, date de 1440 ou peut-être de 1441. La première référence documentée du jeu de Tarot date de 1442 — voir ci-après —, même si son invention a probablement eu lieu vers 1425 ou peut-être même vers 1410.

En L'an 1442 à Ferrare (Italie), l'on retrouve ce qui semble être la plus claire et ancienne référence aux cartes de tarots. Pour la date du 10 février 1442, un livre de comptes — Registro di guardaroba — mentionne que quatre jeux ont été commandés au peintre Iacobo Sagramoro, qui devait être payé 20 lires « pour avoir peint en couleur les coupes, les épées, les pièces de monnaie et les bâtons et toutes les figures des quatre paquets de cartes d'atout — “Quattro paia di da carticelle trionfi” — et de faire l'endos d'un paquet de cartes en rouge et de trois paquets en vert, embelli avec des cocardes peintes à l'huile, que notre Seigneur a pour son usage ». Pour la même année, une autre référence apparaît dans le “Registro dei mandati”, soit “pare uno de carte da trionfi” (pour un jeu de triomphes). On peut retrouver un excellent article sur les dates marquantes quant à l'invention du Tarot italien, sur le site de Ludus Triumphorum (anglais).

Toujours en 1442, le 28 Juillet à Ferrare, dans le livre de comptes, on fait mention des cartes de Tarot. Donc pour un paquet de cartes de triomphe destinés à Ercole et Sigismondo (deux frères de Leonello, fils et successeur du marquis Niccolò III d'Este), livrés à leur serviteur Iacomo “guercio”, le mercier Burdochi Marchione aurait reçu la somme de 12 sous et 3 deniers.

Naissance du Jeu de Cartes français, dans la décennie 1440-1449

En France en 1449 ou un peu avant (décennie 1440-1449), sous le règne de Charles VII, on présente enfin au monde les vraies cartes Françaises, avec leurs nouvelles enseignes: coeur, carreau, trèfle et pique. Une affiche satyrique datée de 1499, le « Revers du jeu des Suysses », atteste du fait que ces cartes d'un nouveau style existent avant l'an 1450. Les personnages de la chevalerie française y sont représentés et les costumes sont ceux en usage au temps du règne de Charles VII. Il s'agit des cartes du jeu de piquet, probablement constitué à l'origine de 52 cartes; mais tel qu'avéré plus tard, d'un jeu avec une iconographie simplifiée comprenant 32 cartes à jouer (dont 7, 8, 9, 10, Valet, Dame, Roi, As), réparties dans dans 4 suites aux enseignes françaises (coeurs, carreaux, trèfles, piques): qui remplacent de façon simplifiée — pour l'imprimerie — les enseignes des jeux de tarots (coupes, bâtons, deniers, épées).

Puis en 1452 à Nuremberg en Allemagne, un autre tournant dans l'histoire des cartes à jouer. C'est que suite à un sermon de Jean de Capistran, un disciple de St Bernardin de Sienna, (cf. 1423), un sermon déclamé contre le jeu fait naître un immense “Bûcher des vanités”, où sont brûlés 76 traîneaux, 3640 jeux de backgamon (panneaux de jacquet), 40,000 dés ainsi qu'une quantité comparable de cartes.

Et en l'an 1459 en l'Angleterre, vient la première référence crédible quant à la présence des jeux de cartes sur le territoire. Il s'agit d'une lettre où quelqu'un discute des Fêtes de Noël et des jeux permis: « pleying au tabyllys — jeux de table, c'est-à-dire au backgamon (jacquet) —, and schesse — aux échecs — and cards — et aux cartes —; sweche dysports she gave her folkys leve to play and no odyr ». Il semble par ailleurs que les cartes à jouer soient arrivées en sol britannique via l'entremise de la France, selon toute vraisemblance.

* NOTE — Rappelons par ailleurs un fait quasi méconnu, parce qu'oublié au fil du temps. En fait, jusqu'à l'accession au trône du roi Henri IV en 1399, la langue de prestige en Angleterre était le français. La littérature anglo-normande était fort appréciée à la Cour du Roi et chez les nobles. D'une part dans sa variante anglo-normande — tel on le constate chez les auteurs et écrivains Benedeit, Benoît de Sainte-Maure, Wace, Thomas d'Angleterre, Marie de France, etc —, mais aussi dans sa forme continentale — tel le romancier Girart d'Amiens qui écrivant son roman d'Escanor pour la Cour du Roi édouard Ier, rédigea celui-ci dans une langue fortement picardisée —.

En Allemagne en 1460, après une trentaine d'années de chaos et de tergiversations, se mettent enfin en place les enseignes (emblèmes) standards pour les suites: Feuilles, Glands, Cœurs et Grelots. Toutefois il faudra attendre la fin du siècle, avant que ne disparaissent les dernières traces de ce chaos.

Puis toujours en Angleterre, en 1461, on trouve le le premier avis officiel visant le bannissement des cartes, dans les entrées écrites du premier Parlement du Roi Edward IV. Il se lit en ces termes: « And also that no Lorde, nor other persone of lowere astate, condicion or degree, whatsoever he be, suffre any Dicyng or pleiyng at the Cardes within his hous, or elles where he may let it, of any of his servauntes or other, oute of the XII days of Christmasse ». Ce qui une fois traduit, donne: « Et aussi qu'aucun Lord, ni aucune persone d'un état, condition ou grade inférieur, quiconque soit-il, ne sera toléré à jouer aux dés ou à jouer aux cartes dans sa maison, ou n'importe où qu'il pourrait permettre, ou aucune de ses servauntes ou autres, en dehors des XII jours de Noël ». (Source: Rolls of Parliament 5.488a, 1461) — Notons toutefois qu'un an plus tard, soit en 1463, le Roi Edouard IV d'Angleterre interdit l'importation de cartes étrangères en vue de protéger les fabricants nationaux. :0)

En 1462 à Visso en Italie, on note que le fait de jouer aux cartes — “cartarum ludus” — était punissable d'une amende quatre fois supérieure à celle imposée pour d'autres jeux plus triviaux. Mince consolation... puisque l'amende imposée pour les jeux de dés était jusqu'à cinq fois plus élevée que celle imposée pour les cartes à jouer.

En Angleterre, au début des années 1500, un jeu de “fortunes” comiques en anglais — pour dire la bonne aventure — est copié sur un jeu de cartes en bois. Celui-ci se basait sur la divination inspirée par le jeu de société médiéval “Ragmanys Rolle” (rigmarole, rigamarole, rageman) et où les premiers vers commençaient par “Ragemon le bon”. Souvent écrit en anglo-normand, ce jeu de hasard était utilisé comme jeu de société tant en Angleterre qu'en France depuis le XIIIième siècle. Il s'agissait de versets “divinatoires” — des strophes de quatre lignes, pour amuser les gens, et parfois un brin grivois — écrits sur du parchemin roulé. On en utilisait jusqu'à une cinquantaine de strophes, dit-on. L'idée consistait à ce que chaque participant dans le jeu sélectionne au hasard l'une des strophes; et donc de prendre une chance quant à la prédiction de son avenir, ou à la description de son caractère, qui lui seraient assignées. Un petit exemple: « La lettre dist, n'est mie fable, - Qui vous estes mout ueritable; - Volounters aumones donez - As poures e as meseisez. »

En 1507, on a la première référence connue au sujet des cartes de tarots; puisqu'on parle de la manufacture de tarots située à Lyons en France.

Voilà, donc. L'argent et l'économie étant souvent le nerf de la guerre comme on dit, et puisque la popularité des jeux de cartes ne se dément pas dans la population, les positions s'adoucissent et les interdictions de jeu décrétés par les gouvernants cessent bientôt de pleuvoir. Alors dès 1380-1384 le Code de Nuremberg (Allemagne) permet les jeux de cartes. Et en 1393 à Florence (Italie), les jeux de cartes sont autorisés; des associations italiennes sont aussi créés par des cartiers, soit des peintres de cartes. Puis en ou vers l'an 1415 le duc de Milan, Filippo Maria Visconti, paye 1500 pièces d'or pour un jeu de cartes de Tarot peint à la main; c'est d'ailleurs cette version qui est la plus ancienne connue aujourd'hui. Et c'est en 1441 que les autorités de Venise (Italie) interdisent maintenant l'importation de cartes, suite aux pressions faites par les cartiers et imprimeurs, en raison de la grande production de cartes à jouer dans la ville.


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